L’Argentine démarre la nouvelle année avec l’argentino

La suspension du remboursement de la dette, par le nouveau président argentin, Adolfo Rodriguez Saa, a été accueillie avec soulagement par la population. Elle concerne à la fois les intérêts et le principal de la dette. Et pour cause. Cette dernière se chiffre à la somme effarante de 132 milliards de dollars. Certains argentins se plaignent de : « devoir payer de plus en plus le prix du poids de la dette, qui a conduit à des restrictions bancaires, une hausse des impôts et des baisses des retraites…». Ainsi, afin de mettre un terme à la récession touchant le pays, la circulation de l’argentino apparaît comme le moyen de créer un million d’emploi, à en croire les déclarations du gouvernement. Les nouveaux emplois se réaliseront à travers des contrats avec les provinces et concerneront des chantiers de forestation et de travaux publics. Les employés seront rémunérés sous forme de bons à court terme de 200 lecops soit 200 dollars actuels. Déjà les premiers contrats ont été signés lundi 24 décembre avec les provinces de Santa Fe (centre-est) et Entre Rios (nord-est). Début janvier, la nouvelle monnaie, non convertible, prendra place sur un marché, jusqu’à présent, occupé par « deux » monnaies. La monnaie en circulation à l’heure d’aujourd’hui est le peso, qui a une parité égale à celle du dollar. Toutefois, sa convertibilité s’est affaiblie, depuis que l’ancien régime, à la veille de sa chute, a imposé de sévères restrictions à l’accès à l’argent liquide et à la liberté d’option entre le dollar et le peso. Résultat : chute des ventes entre 40 et 70% et fuite des capitaux évaluée à 14 milliards de dollars. La parade est fortement argumentée. Un porte-parole du cabinet ministériel, Daniel Scioli, déclare que : « l’argentino permettra au gouvernement d’assurer les paiements des salaires de l’Etat, des retraites et des dettes envers les fournisseurs ». D’ailleurs, au lendemain de sa désignation, le président argentin, a précisé, qu’il comptait faire lancer un appel à l’aide financière des Etats-Unis et de l’Espagne, pour aider l’Argentine à surmonter sa crise. Décidément, le droit de faillite d’un Etat est d’actualité.

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