L’artisanat aura sa charte

Les entraves à la formalisation du secteur artisanal continue d’alimenter les préoccupations du ministère chargé de l’économie sociale, des petites et moyennes entreprises et de l’artisanat. A cet effet, le ministre en titre a annoncé un colloque national destiné à débattre des problèmes auxquels est confronté le secteur.
Cette démarche permettra aux intervenants de trouver des solutions adéquates pour un meilleur encadrement du secteur. Par ailleurs, il a fait état de l’organisation du Salon du cuir à Marrakech, des métaux à Agadir, du textile à Tétouan, du tapis à Fès et du bâti à Casablanca. L’ensemble de ces manifestations se dérouleront à partir du mois de juin prochain.
L’occasion de ces déclarations fut la rencontre de mardi dernier à la ville rouge avec les artisans de la région Marrakech-Tensift-El Haouz. M. Lahlimi a souligné lors de son allocution que : « la promotion du secteur de l’artisanat est tributaire de la préservation de la qualité des produits et l’organisation des différents métiers et institutions. » Il ressort de ses déclarations que la nouvelle conception du secteur artisanal dépasse le seul aspect social de la question. Les apports du secteur sont désormais incontestables dans le PIB national. Le ministre a rappelé que la contribution de l’artisanat est estimé à hauteur de 19%.
L’autre chantier ouvert dans le domaine artisanal consiste en la préparation de la charte de l’artisanat. A ce propos, Ahmed Lahlimi a rappelé que : « le serment de l’artisant dans lequel les professionnels expriment leur attachement à la préservation de l’artisanat et à la sauvegarde du legs culturel et civilisationnel que recèlent les différents métiers, ainsi que leur entier dévouement aux valeurs sacrées, patriotiques et morales. » Le sentiment y est, mais reste à mettre en place un cadre réglementaire qui pourrait intégrer les différents corps de métiers. Il faut dire que l’élaboration d’une telle charte aura pour principal objectif la préservation « des spécificités authentiques de la personnalité marocaine ».
Afin de répondre à cette ambition, la commercialisation des produits s’ébauche à partir des participations des artisans aux foires et expositions en France, aux USA et au Japon. En revanche, l’encouragement à l’innovation et à la créativité nécessite un bien être moral et physique. Ce qui met en avant l’urgence de la mise en place d’une couverture sociale pour les artisans non salariés. Ce projet tient compte des spécificités des catégories socio-professionnelles, par rapport aux recommandations du livre blanc. Il se traduit notamment pas l’institution d’un régime obligatoire de couverture pour les artisans indépendants, qui comprend les pensions vieillesse, des survivants et d’invalidité, les allocations décès et des soins de santé. La qualité des produits passe par la protection des artisans.

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