L’audit social investit le Maroc

L’audit social investit le Maroc

La mise à niveau sociale de l’entreprise serait-ce un effet de mode ou alors un enjeu capital pour le Maroc ? En raison des retombées bénéfiques qu’elle peut générer à la fois pour l’entreprise et pour ses ressources humaines, cette option est assurément à encourager. Le premier Symposium de l’Observatoire social international-Maroc, organisé mercredi 14 avril à Casablanca, sous le thème « La mise à niveau sociale de l’entreprise marocaine : enjeux, défis et stratégies d’action », a renseigné sur plusieurs atouts d’une telle notion.
Le ministre de l’Emploi, des Affaires sociales et de la Solidarité, Mustapha Mansouri, estime que la mise à niveau sociale de l’entreprise est une option à encourager. Elle est de nature à permettre à l’entreprise d’avoir une main-d’oeuvre qualifiée et compétente et, par conséquent, faciliterait la rénovation des procédés technologiques pour la modernisation des outils de production. Elle permettrait aussi, a-t-il ajouté, d’améliorer la compétitivité et la productivité en raison de la corrélation entre la formation, la qualification et la production. De son côté Guy Canavy, délégué général de Suez au Maroc et directeur général de Lydec, a mis en exergue, l’importance de la mise à niveau sociale, d’autant plus, a-t-il ajouté, qu’aujourd’hui, la dimension humaine et sociale ne peut continuer à être occultée par celles économique et technique dans le processus de mise à niveau des entreprises. En plus, Lydec a donné l’exemple à suivre. Elle a souhaité innover en confiant à fin 2003 à Vigeo, l’agence européenne de notation présidée par Nicole Notat, ex-secrétaire générale de la CFDT en France, une mission d’évaluation notation de la responsabilité sociale de Lydec.
En s’appuyant sur un référentiel international opposable et précis comportant 38 critères, cette notation a porté de façon exhaustive sur les 6 domaines proposés par Vigeo. En premier, le respect des droits humains dans la société et sur les lieux du travail. Puis suivent, la valorisation des ressources humaines et l’amélioration continue des relations sociales ; la sauvegarde de l’environnement ; la valorisation des intérêts des clients et des fournisseurs ; la bonne gouvernance d’entreprise ; l’engagement sociétal.
Les résultats obtenus soulignent que Lydec est située aux niveaux « engagée » sur les domaines « Gouvernement d’entreprise » et « Sociétal ». Pour les auditeurs de Vigeo, le concessionnaire casablancais « est non seulement actif, mais l’entreprise assure un haut niveau de transparence et d’efficacité de son gouvernement d’entreprise et de son engagement sociétal ».
Concernant les domaines «Ressources humaines», «Environnement» et «Clients-Fournisseurs», Lydec est notée comme une entreprise «active ». Pour Vigeo, Lydec est active dans la prise en compte des objectifs de la responsabilité sociale associés à ces domaines. Quant au domaine « Droits humains », Lydec est située au niveau « prudent ». Pour les auditeurs de Vigeo, l’entreprise « respecte effectivement les droits humains sur les lieux de travail et dans son environnement, sans toutefois faire de leur promotion, un objectif formalisé».
Lors du symposium, Dominique Fortin, président de l’Observatoire social international a passé en revue le rôle de son organisme, précisant que ce dernier, créé en 2000, a pour ambition de contribuer activement à une réelle intégration de la dimension sociale, éthique et environnementale dans le processus de la mondialisation. Son objectif majeur, a-t-il dit, est de développer des espaces de réflexion et des initiatives face à la fracture grandissante entre la création de richesses, les progrès des nouvelles technologies de l’information et le redoutable développement de la pauvreté, de l’exclusion et des phénomènes de marginalisation.
Pour sa part, Abderazzak El Mossadeq, ministre des Affaires économiques, des Affaires Générales et de la Mise à niveau de l’Economie, estime que cette question à un caractère horizontal dans la mesure où elle se greffe au niveau des différents pôles et l’élément humain est au centre de toute la problématique de la mise à niveau. Dans son mot de clôture du symposium, Abderazzak El Mossadeq a tenu à partager avec l’assistance une conviction profonde chez lui : «La mise à niveau sociale n’est pas une action philanthrope, de bonne moralité ou un acte de mécénat.
La mise à niveau sociale est un acte de bonne gestion qui profite tant à l’entreprise qu’à l’ensemble de ses composantes et partenaires : citoyens, consommateurs, salariés, et actionnaires », a-t-il conclut.

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