L’avenir commence aujourd’hui

ALM : En tant que secrétaire général de l’Apebi, comment évaluez-vous l’utilisation par les entreprises marocaines des nouvelles technologies de l’information et de la communication ?
Bachir Rachdi : L’intégration des nouvelles technologies dans l’organisation et le fonctionnement des entreprises au Maroc reste largement en deçà des impératifs qu’impose la conjoncture économique que nous vivons. La plupart des sociétés sont sous-équipées en technologies d’information. Et même quand le problème ne se pose pas au niveau de l’équipement, il se pose au niveau de l’exploitation. Il va sans dire que les nouvelles technologies sont un moyen essentiel, incontournable, au bon fonctionnement de l’entreprise. Leur intégration sert à la fois comme outil de rationalisation des besoins et de la production, de développement des performances et d’optimisation des résultats. Sans une utilisation maximale de ces nouveaux atouts, l’entreprise marocaine risque d’être dépassée, à un moment où le temps est à la mise à niveau. Les échéances ne pardonnent pas, la globalisation encore moins.
Quelle est la motivation première des entreprises qui s’équipent en nouvelles technologies ? Des besoins concrets ou le désir d’être à la page ?
Je dirai que c’est une combinaison entre ces deux motifs. Il y a certes cette prise de conscience, notamment par les PME, de l’intérêt que représente l’intégration des nouvelles technologies. Mais, souvent, cela est réduit au simple acte d’achat, d’acquisition, de matériel qui n’obéit pas à une approche formalisation des besoins et d’organisation du travail. Une approche qui doit pourtant, et obligatoirement précéder l’acquisition. La démarche est rationnelle, mais elle n’est pas rationalisée. Les PME ont besoin d’être appuyées à ce niveau. Le pire, est que, parfois, c’est l’image qui prime. On se dote des derniers cris en la matière, sans se soucier de ce que l’on peut en faire.
Mais il y a aussi des contraintes en termes de coût, d’encadrement… Quelles sont, selon vous, les sources de blocage qui entravent le plus une meilleure utilisation des NTIC ?
Ces contraintes sont souvent liées. Mais le problème qui pénalise le plus les entreprises marocaines est celui de l’encadrement. Bien que les nouvelles technologies de l’information et de la communication se soient simplifiées, une familiarisation, voire une formation, préalable du personnel s’impose. Ce qui est rarement fait. Il est difficile d’espérer une exploitation des NTIC, même dans le cas où elles sont disponibles, quand les employés n’y sont pas sensibilisés. Quant aux coûts supplémentaires que leur acquisition implique, force est de constater qu’ils ne sont pas excessifs. Mais ils peuvent constituer une entrave pour les petites et moyennes entreprises.
Vous brossez un tableau sombre. Comment évaluez vous l’avenir des NTIC au Maroc ?
L’avenir commence aujourd’hui. Il est urgent que le processus, incontournable, d’intégration des nouvelles technologies soit accéléré. Le plus tôt l’entreprise marocaine est dotée des moyens technologiques d’information et de communication, le plus tôt son insertion dans une économie moderne, transparente et compétitive s’effectuera. Ceci, quand il s’agit de son utilisation. Il y a aussi la production nationale en NTIC qui doit être encouragée. Il a été prouvé que nous disposons des capacités nécessaires pour que le produit Maroc en la matière puisse se développer et s’impose à l’échelle internationale. Des success-story sont là pour en témoigner. Mais on ne peut pas dire que nous disposons d’une véritable industrie. Pour y arriver, une restauration et des réformes sont à introduire dans le secteur.
Quelles sont les solutions que vous préconisez au sein de l’Apebi ?
La formule-clé est la suivante : Substituer la politique tendancielle que nous subissons par une politique volontariste. Nous avons récemment préparé une contrat-progrès qui s’articule autour de cinq points essentiels. A commencer par les ressources humaines, aussi bien en termes de quantité que de profils, que nous devons constituer. Ensuite, il y a la nécessité d’avoir une infrastructure télécoms qui puisse assurer un rôle d’incubation et d’hébergement des société à forte technologie. Des mesures fiscales sont aussi à adopter afin que l’on puisse avoir des entreprises à très forte valeur ajoutée. Une réglementation et une législation, notamment en matière de signature électronique, d’échange d’informations informatiques et de propriété intellectuelle tarde à venir et il faut remédier à cela.
Enfin, nous devons également développer l’image de la production nationale en NTIC. Ceci permettra à la fois de favoriser les exportations marocaines et attirer davantage d’investisseurs étrangers. Là est peut-être la clé de la réussite.

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