L’avenir de l’agriculture est digital

L’avenir de l’agriculture est digital

Les nouvelles technologies constituent un pont entre les jeunes et le secteur agricole

Le digital est un moyen d’atteindre une meilleure rentabilité des exploitations pour tous les agriculteurs surtout les petits et comme un moyen d’améliorer leurs conditions de travail et de vie.

«Pendant longtemps, l’agriculture a évolué en dehors du champ d’intervention des technologies digitales. Ce n’est plus le cas aujourd’hui», souligne Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, lors de l’ouverture des IT days 2019 qui se sont déroulés le 18 avril 2019 au SIAM. Pour le ministre, dans de nombreux pays, l’agriculteur a fait de la technologie digitale son allié. C’est dans ce sens que la transformation digitale de l’agriculture au Maroc s’opère. «Nous sommes décidés à relever le challenge de la digitalisation pour une agriculture moderne, compétitive, inclusive et durable», explique M. Akhannouch à cette occasion ajoutant que le Maroc en a le potentiel et pourra mobiliser les ressources nécessaires pour y arriver.

La technologie est le pont entre les jeunes et le secteur de l’agriculture 

L’agriculture est un réel moteur de développement social et économique et ne peut rester en marge de la révolution numérique. «La technologie offre une large gamme d’outils performants, tout au long de la chaîne de valeur agricole et agroalimentaire, pour améliorer la productivité, la traçabilité, la qualité, l’accès aux marchés, et la gestion efficace des intrants et des ressources», indique le ministre soulignant que le monde agricole marocain avec tous ses acteurs chacun à son niveau doit se mobiliser pour créer un choc digital dans le secteur : administration, professionnels, entreprises de service, jeunes start-up, chercheurs et scientifiques. «Il faut créer un pont entre les jeunes et le secteur agricole. Ce pont peut être la digitalisation», déclare Aziz Akhannouch expliquant que la génération des «digital natives» se retrouvera plus facilement dans un secteur agricole moderne et connecté. Car en effet, le digital est un moyen d’atteindre une meilleure rentabilité des exploitations pour tous les agriculteurs surtout les petits et comme un moyen d’améliorer leurs conditions de travail et de vie. Pour y arriver, les programmes de la formation professionnelle agricole doivent prendre en considération les besoins en développement de compétences des techniciens dans le cadre de la transformation digitale dans le secteur, précise-t-il.

Un nouveau palier de développement à saisir

Intelligence artificielle, blockchain, Big Data et nouvelles technologies appliquées aux secteurs agricole et agro-industriel… autant d’aspects que le pôle polytechnique de l’enseignement et de la recherche agricole devra encourager. L’objectif étant de préparer les futurs leaders du secteur. Cet effort de digitalisation devra également être fait par les coopératives agricoles qui sont aussi appelées à moderniser leurs outils de gestion, et accompagner leurs membres pour s’engager dans la transformation digitale du secteur. Par ailleurs, «le e-commerce offre également aux différents acteurs du secteur une opportunité pour réduire l’impact de la multitude d’intermédiaires», a conclu le ministre. Notons que cette journée a connu la participation d’experts qui ont échangé autour de thèmes comme la transformation digitale du secteur de l’agriculture et de l’agro-industrie pour l’amont agricole, ou encore la transformation digitale du secteur de l’agro-industrie pour l’aval agricole.

La Suisse comme modèle

Après avoir donné un aperçu sur le modèle de l’agriculture suisse, J-M Chapuis, vice-directeur de l’OFAG, a souligné que certaines technologies digitales allègent physiquement le travail et la plupart génèrent un avantage économique donnant comme exemple la robotique dans le secteur agricole. S’arrêtant sur les enjeux sociétaux que représentent la digitalisation en Suisse, J-M Chapuis a indiqué qu’elle peut contribuer à réduire l’impact environnemental et améliorer le bien-être des citoyens.

Il explique que pour y arriver, «nous travaillons en Suisse en réseaux avec les entreprises privées et l’université».

Dans le processus de digitalisation, le gouvernement suisse s’attache à la protection des données en particulier celles des agriculteurs, valoriser les principes qui s’appliquent au traitement des données digitales dans l’agriculture et les applications dans le secteur alimentaire. Dans ce sens il ajoute que l’OFAG se lance dans l’élaboration d’une charte sur la numérisation de l’agriculture.    

Agriculture 4.0 : De la ferme jusqu’au consommateur

L’agriculture est le secteur le moins digitalisé dans le monde. Ce constat fait que la marge à gagner pour les start-up reste énorme. Partant de là, Mohamed Horani, PDG de HPS, a mis l’accent sur les tendances technologiques 2019.

Ces dernières s’articulent autour de l’intelligence artificielle qui s’infiltre dans toutes les technologies, la convergence du monde numérique et du monde réel en vue de créer un monde immersif, le maillage (à savoir l’interconnexion entre des ensembles de personnes, d’entreprises, d’objets de contenus et de services pour créer des solutions innovantes et qui se manifeste par la blockchain et les espaces intelligents), la confidentialité et l’éthique (protection de la vie privée) et l’informatique quantique.

Pour le PDG de HPS, la croissance démographique et la raréfaction de ressources naturelles imposent un changement de paradigme dans le secteur agricole. Robotique, agriculture verticale pour une meilleure productivité, technologie des drones pour une agriculture de précision, blockchain (vers la désintermédiation et l’amélioration de la traçabilité des produits)…

les solutions innovantes ne manquent pas dans le domaine attirant de plus en plus d’investisseurs de technologies agricoles. Il faut donc «amorcer la transformation digitale du secteur agricole sans tarder», selon Mohamed Horani.

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