Le baril de pétrole au-dessous du seuil de 110 dollars

Le pétrole s’installait mercredi à proximité de 109 dollars le baril, la faiblesse du dollar continuant à supporter les cours, malgré l’anticipation d’un rebond des stocks de brut aux Etats-Unis. Vers 11h 45 GMT, sur l’Inter Continental Exchange (ICE) de Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril s’échangeait à 105,36 dollars, en hausse de 11 cents. A la même heure, sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour livraison en avril valait 108,91 dollars, en hausse de 16 cents.
Après avoir pulvérisé coup sur coup l’objectif des 107, 108 et 109 dollars en début de semaine, le marché pétrolier tient à présent en joue la cible des 110 dollars.
Mardi, les cours l’ont manquée de peu en montant jusqu’au prix record de 109,72 dollars à New York, avant de terminer la séance à 108,75 dollars, un record de clôture. A Londres, le baril de Brent a grimpé ce jour-là jusqu’à 105,82 dollars, un record aussi. Le principal facteur de soutien des cours du pétrole est fourni actuellement par le dollar, dont la descente continue entretient quasi mécaniquement les hausses de prix. Ainsi, l’atteinte d’un nouveau plus bas du billet vert face à l’euro, à 1,5495 dollar pour un euro, a-t-elle été le déclencheur des records mardi.
L’attente de nouvelles baisses des taux d’intérêt américains et la chute des Bourses poussent les fonds d’investissements vers le marché pétrolier : le pétrole est vu à la fois comme une couverture contre l’inflation et une alternative séduisante aux placements en action. L’annonce coordonnée de plusieurs banques centrales avait permis mardi au dollar de regagner un peu de terrain mais la tendance s’est inversée mercredi, les investisseurs estimant que cette mesure ne suffira pas à résoudre la crise du crédit. Dans ce contexte extrêmement haussier, les investisseurs semblent faire peu de cas des nouvelles sur l’offre et la demande. Ils ont ainsi ignoré la révision à la baisse des prévisions de demande mondiale annoncée mardi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). « Cependant, l’attention du marché devrait se reporter vers les fondamentaux du marché aujourd’hui avec la publication des stocks par le gouvernement américain » (attendue pour 14H30 GMT), estimaient les analystes de John Hall. Mercredi dernier, l’annonce par le ministère de l’Energie américain (DoE) d’un déclin surprise des stocks de brut la semaine achevée le 29 février – la première baisse en huit semaines – avait participé à l’escalade des prix. Pour la semaine achevée le 7 mars, les analystes s’attendent à un rebond des stocks de brut, de 1,7 million de barils environ. Ils anticipent un déclin des réserves de distillats, de 2 millions de barils, et une modeste progression des stocks d’essence, de 100.000 barils. Si ces prédictions s’avéraient inexactes, comme ce fut le cas la semaine dernière et que le DoE annonçait, contre toutes attentes, des baisses de stocks dans ses statistiques hebdomadaires, les ordres déclenchés automatiquement en cas de franchissement de certains seuils pourraient faire aisément dépasser les 110 dollars le baril, avertit Olivier Jakob, du cabinet Petromatrix. Intégrant la flambée des prix ces deux derniers mois, l’agence gouvernementale d’informations sur l’énergie américaine (EIA) a nettement relevé ses prévisions du coût du baril pour 2008, jugeant qu’il vaudra 94 dollars en moyenne (+30% par rapport à 2007), avant de redescendre à 86 dollars en 2009.

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