Le bonheur est dans l’indexation

Le bonheur est dans l’indexation

Le retour au système de l’indexation des prix pétroliers est à l’ordre du jour. Après le Premier ministre, le ministre des Finances, et celui des Affaires Générales, lesquels ont tour à tour abordé la problématique, c’est au tour de  Mohamed Boutaleb d’évoquer l’éventualité d’un retour à ce système suspendu en septembre 2000 par une décision politique. 
Interpellé sur la question au Parlement, mardi dernier, le ministre de l’Energie a indiqué qu’une commission formée des administrations concernées est en train d’examiner l’éventualité de la  réapplication de ce système de tarification.
Il s’agit, selon les explications du ministre de tutelle, de trouver un alignement partiel des prix sur le marché international. En d’autres termes, avec l’indexation le consommateur subira toutes les variations des cours internationaux de produits pétroliers à la baisse ou à la hausse.
Sur le plan financier, l’indexation permet à la Caisse de compensation de s’affranchir d’une coûteuse politique de maintien des prix. Pour rappel, la Caisse traîne toujours 800 millions de dirhams d’arriérés au titre de l’année 2004. En tout, plus de 5,3 milliards de dirhams ont été dépensés l’année dernière pour soutenir les prix pétroliers à la pompe.
Pour 2005, les factures à régler aux sociétés pétrolières ont franchi allègrement la barre des 1,8 milliard de dirhams, à fin avril. En fait, les arriérés au titre des quatre premiers mois de l’année en cours auraient franchi la barre des 2,1 milliards de dirhams début juin. D’où, pour le ministère des Finances, la nécessité de prendre des mesures capables de limiter l’impact des hausses de prix pétroliers à l’international sur le budget national. Le ministre des Finances a indiqué que  la  dernière augmentation des prix des hydrocarbures a été décidée pour alléger relativement le budget de l’Etat, et ce contrairement aux autres pays importateurs qui ont augmenté les tarifs intérieurs au même niveau que les cours internationaux.
A raison d’une facture mensuelle de 420 millions de dollars et en attendant les factures de reste de l’année et vu le niveau du baril de pétrole, il y a péril en demeure même si techniquement les responsables concernés au ministère refusent de parler de «déficit », préférant à ce terme la formule générale «d’accumulations d’arriérés de paiement».
Durant la première quinzaine de mai, la facture en termes de surcoût a généré 270 millions de dollars dont 210 millions pour la seule rubrique carburants. Le reste soit 60 millions de dirhams est allé au soutien du gaz butane.
Cela, alors que l’enveloppe allouée à la couverture des dépenses de subvention au titre de la loi de Finances actuelle est de 4,2 milliards de dirhams dont la moitié consacrée au règlement des arriérés de compensation des produits pétroliers au terme de l’année 2004, d’après les explications du ministre des Finances et de la Privatisation, Fathallah Oualalou, mercredi dernier au Parlement.
Pour le moment, les différentes interventions pour soutenir les prix de pétrole sont couvertes par la loi de Finances. «Les problèmes ne se posent pas au niveau Budget mais au niveau du rythme de la Trésorerie générale du Royaume, laquelle décaisse les fonds. Reste à savoir quand le ministre de l’Energie entend appliquer la réforme, laquelle est une décision éminemment politique. Jusque-là aucune date n’est fixée. Pas de détails aussi concernant le gaz butane dont le prix appliqué au Maroc est stable depuis 2000 grâce notamment à une subvention de l’ordre de 65%.
En tout cas, d’après les analystes, le rétablissement du système d’indexation est en phase avec le programme général de démantèlement douanier pour la période 2006-2007.
Rappelons qu’en plus des droits de Douane, suspendus actuellement à la convention signée entre la Samir et l’Etat marocain, les sociétés pétrolières sont limitées dans leurs importations par le système de quota, suivant un modus vivendi arrêté  avec le ministère de la tutelle. Ces sociétés en question (10% de parts de marché contre 90% pour la Samir) peuvent importer jusqu’à 500 000 tonnes en exonération, mais se trouvent handicapées en général par des capacités de stockage réduites.

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