Le Brent reprend son souffle

Le cours du pétrole Brent restait très élevé hier matin à Londres malgré quelques prises de bénéfices après la poussée de la veille, alors que les signes d’amélioration de la crise vénézuélienne étaient contre-balancés par les risques de guerre en Irak. Vers 11H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars, référence sur l’International Petroleum Exchange (IPE) de Londres, valait 31 dollars, après avoir ouvert à 30,87 USD à la corbeille et clôturé mercredi à 31,02 USD. A New York, le prix du brut de référence (light sweet crude) pour livraison rapprochée en mars a fini en hausse de 96 cents à 33,63 USD. «Les cours conservent dans l’ensemble leurs gains de la veille, malgré un léger repli», a indiqué Tony Machacek, opérateur à la maison de courtage Prudential Bache. «Ce ne sont que quelques prises de bénéfices, ce qui est tout à fait naturel après la poussée de 75 cents d’hier (mercredi)», a poursuivi ce courtier.
Le Brent était repassé au dessus de 31 dollars le baril mercredi dernier dans la soirée, dopé par une chute surprise des réserves américaines de produits distillés et d’essence la semaine dernière. Par ailleurs, les investisseurs étaient soulagés par les signes d’amélioration de la crise au Venezuela, mais restaient prudents, sachant qu’il faudrait du temps pour retourner à la normalité dans l’industrie pétrolière.
L’opposition vénézuelienne s’est déclarée mercredi dernier par la voix d’un de ses représentants, Timoteo Zambrano, favorable à l’adoption d’un amendement constitutionnel permettant de réduire le mandat du président Hugo Chavez. Les grévistes ont ainsi accepté l’une des options proposées par l’ex-président américain Jimmy Carter pour permettre une sortie électorale à la crise. L’autre option était un référendum « révocatoire » pour le mois d’août prochain.
L’amendement prévoit, après son adoption par référendum, la démission immédiate du président Chavez et l’organisation d’élections présidentielle et législatives dans les 30 jours. L’opposition a également demandé la réintégration des quelque 5.000 grévistes de l’entreprise publique Petroleos de Venezuela (PDVSA), qui ont été licenciés par le gouvernement.
Pour Lawrence Eagles, analyste à la maison de courtage GNI, «beaucoup considèrent cela comme un signe de règlement de la crise, ce qui est probablement le cas».
«Mais le temps que cela prendra pour mettre en application un quelconque accord est une question cruciale pour le marché, notamment avec la possibilité d’une guerre en Irak à la fin du mois », a relevé cet analyste.
L’attention du marché continuait en effet de se focaliser sur les tensions avec l’Irak.
Les investisseurs attendaient la réunion du Conseil de sécurité du 5 février, annoncée mercredi par le président américain George W. Bush, au cours de laquelle le secrétaire d’Etat Colin Powell devrait présenter des preuves sur le programme irakien d’armes de destruction massive.
«C’est certain qu’il est risqué de vendre en ce moment, donc les cours ne devraient pas fléchir, mais de la même façon, ils ne disposent pas d’un fort potentiel de progression à ce stade, à moins qu’il y ait une réaction brutale des pays arabes» contre une guerre en Irak, a estimé Lawrence Eagles.
Le prix officiel du panier de l’Opep, moyenne de sept bruts mondiaux, s’est établi à 30,30 dollars le baril mercredi dernier, contre 29,83 USD mardi, selon l’Opecna, l’agence d’information du cartel.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *