Le business de la Omra dérape

Le business de la Omra dérape

Malgré toutes les mesures de précaution prises par le ministère du Tourisme, l’opération Omra 2004 a connu encore des dysfonctionnements.
Environ 25 pélerins, qui devaient prendre leur avion le 19 octobre de l’aéroport Ménara de Marrakech, ont été surpris de ne pas trouver de place. Le vol était complet ainsi que tous les autres au départ de Marrakech pour Jeddah.
Les agences de voyages concernées imputent la responsabilité à la représentation de la RAM sur place. «Nous avions réservé depuis longtemps.
Malheureusement, un chef de vente a tout perturbé. Aussi j’ai pris attache avec la compagnie Saoudian Airlines pour acheminer les pèlerins», déclare le président de Soumia Voyages. Même son de cloche de la part des responsables de Badra Voyages qui résument les causes du problème en une phrase : «la RAM-Marrakech a vendu les places deux fois». De son côté, le responsable de la compagnie nationale nie avec la dernière énergie toutes ces allégations, sans toutefois entrer dans les détails.
Bref, ce sont en définitive les pèlerins qui sont les victimes. Cela après avoir payé à l’avance et procédé à l’avance aussi aux différentes formalités afférentes à ce voyage.
Transportés par bus depuis Marrakech jusqu’à Casablanca, certains, une dizaine environ, ont pu s’envoler vers les Lieux saints au bord d’un vol régulier. D’autres devaient attendre jusqu’à mardi, après avoir pris un autocar à six heures du matin à partir de Marrakech. Les clients de Soumia Voyages ont dû faire plusieurs allers-retours entre Marrakech-ville et l’aéroport. Pendant ce temps, les responsables de l’agence étaient à Casablanca, pour, entendait-on, «débloquer la situation».
Mais à en croire certains pèlerins, le calvaire se poursuit aussi à Jeddah où des personnes, packages en main, ne trouveraient pas de logements, attendant patiemment que les responsables, encore au Maroc, les rejoignent sur place. Une centaine de personnes seraient dans ce cas, avance un parent d’une victime. De là à ce que les procédures de sélection des agences de voyages soient mises à l’index, il n’y a qu’un pas.
Mais les causes de ces perturbations, d’après les observateurs, découlent avant tout d’une saturation de l’offre par une demande exceptionnellement forte sur la période. La RAM avait ajouté deux vols supplémentaires, vite submergés, puisque le dernier vol, programmé le 29 octobre prochain est fermé depuis longtemps. L’absence de transparence dans le contrat liant le client et l’agence est aussi prétexte à tous les manquements.
En 2003, le ministère du Tourisme avait procédé au retrait définitif de l’autorisation d’exercer à cinq agences de voyages pour avoir failli aux engagements pris vis-à-vis des clients. Rappelons que durant la même année, à Marrakech, un responsable de l’opération Omra au sein d’une agence de voyages s’est envolé dans la nature avec 400.000 dirhams, laissant une centaine de pèlerins sur le tarmac. A Casablanca, (voir www.aujourdhui.ma) en novembre 2003, ce sont soixante-dix candidats au voyage religieux qui ont vu leurs espoirs déçus par une agence de voyages dont le patron jouissait pourtant d’une bonne réputation auprès de ses confrères. Les victimes avaient d’abord investi les locaux de l’agence avant qu’une solution d’urgence ne soit trouvée.
Une année auparavant, à Tanger, une centaine de pèlerins de Tétouan, Larache et Asilah qui s’étaient acquittés des règlements pour la Omra à l’avance, ont été abandonnés à leur sort, le propriètaire de l’agence de voyages ne donnant plus signe de vie.
Chaque année, ce sont environ 30.000 Marocains qui se pressent pour accomplir la Omra. Les agences de voyages proposent des packages variant de 10.000 à 40.000 dirhams avec voyage vers Jeddah en vol direct et logement dans les hôtels classés trois ou quatre étoiles, situés en général dans un périmètre de 500 mètres autour du Haram. L’hébergement est en chambre double, triple ou même quadruple, en plus d’un service qui peut comprendre les transferts et une assistance durant le séjour aussi bien à La Mecque qu’à Médine. Malheureusement, ce business juteux est émaillé d’incidents qui ont largement entamé la réputation des agences de voyages nationales. Pour chaque pèlerin, le parcours est le même : une longue procédure de visa, soumise à l’approbation des autorités saoudiennes via Internet. L’obtention du sésame est conditionnée par le paiement à l’avance de la facture relative aux prestations devant être fournies sur place par le réceptif saoudien. En outre, après cette bataille décisive pour le visa, le pèlerin doit trouver une réservation. Un exercice au demeurant trivial mais qui s’avère de plus en plus périlleux.

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