Le «cap and trade» au centre de la polémique

Le «cap and trade» au centre de la polémique

La Chambre des représentants américaine pourrait se prononcer dès ce vendredi sur un vaste projet de loi instaurant un système pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, l’une des grandes priorités du président Barack Obama. Après des mois de pourparlers avec les représentants des Etats dépendant du charbon et du pétrole, ainsi qu’avec les élus d’Etats agricoles producteurs d’éthanol, les responsables démocrates, qui ont consenti à des compensations, sont parvenus à un accord pour un vote dès ce vendredi. Mardi, M. Obama a renouvelé son appel au Congrès pour l’adoption de la nouvelle loi. «Le pays qui prendra les devants dans la création d’une économie de l’énergie propre dirigera l’économie du 21e siècle», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. Henry Waxman, président de la commission de l’énergie et du commerce, qui a dirigé les débats sur le projet de loi avec son collègue Ed Markey, a présenté cette semaine une dernière version du texte qui compte 1.200 pages. Le plan vise à réduire les émissions de CO2 tout en créant des emplois verts, et en diminuant la dépendance envers les sources d’énergie étrangères, selon les objectifs énoncés par M. Obama. «Avec ce projet de loi (…) nous allons créer une révolution de l’énergie verte», a dit M. Markey lors d’une conférence de presse  mercredi. «Le monde entier attend de voir si le président Obama va se rendre à Copenhague (à la conférence de l’ONU sur le climat en décembre) en tant que meneur de la tentative de réduire les gaz à effet de serre, tout en provoquant en même temps une révolution de l’emploi vert», a ajouté M. Markey. Le projet de loi prévoit notamment la création d’un système de marché de droits d’émissions dit «cap and trade».
Dans ce système, ces droits seront soit vendus, soit accordés gratuitement pour les industries les plus vulnérables (acier, verre). L’objectif est de parvenir à une réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2020 de 17% par rapport au niveau de 2005. En outre, les fournisseurs américains d’électricité devront obtenir 15% de leur production en énergie renouvelable (éolienne, biomasse, solaire, géothermique) en 2020. Ce chiffre sera combiné avec une exigence pour ces fournisseurs de réaliser 5% d’économies annuelles à travers des mesures d’efficacité énergétique. Mais les républicains de la Chambre et certains démocrates centristes restent opposés au «cap and trade», car ils craignent une hausse des coûts de l’énergie. «Sous prétexte de réduire les émissions de carbone, les démocrates s’apprêtent à obliger toute personne qui conduit une voiture, achète des produits américains, ou appuie sur un interrupteur, à payer une taxe sur l’énergie», a écrit le chef de la minorité républicaine, John Boehner, mardi, dans le Washington Examiner.
Selon une analyse de l’Agence américaine de l’environnement (EPA) rendue publique cette semaine, la mise en place du projet de loi coûtera 80 à 111 dollars par an aux ménages américains. Pour le Bureau du budget du Congrès (CBO), un organisme indépendant, ce coût sera de 175 dollars par an. Ces chiffres relativement modestes contredisent ceux avancés par les républicains, qui ont parlé notamment de 3.100 dollars, en citant «une étude indépendante» du Massachusetts institute of technology (MIT). Après la Chambre, il reviendra au Sénat d’aborder la loi sur le réchauffement climatique.

AFP (Emmanuel Parisse)

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