Le capital de CIMAR bétonné

Lancée par Ciments du Maroc (CIMAR), l’Offre publique de rachat commence d’ores et déjà à apporter ses fruits. Le Fonds d’Abou Dhabi pour le développement, déjà présent dans le capital de cette entreprise, a renforcé sa participation, portant à 388.080 le nombre d’actions qu’il détient dans cette société. De 4,86%, la participation de ce groupe est passée à 5,37%. Ceci, sachant que le fonds n’envisageait pas de participer à cette opération.
Ouverte du 20 mai au 18 juin 2002, cette OPR, à caractère partiel et ne dépassant pas les 9,5 % du capital de Ciment du Maroc, est une première dans les activités des sociétés cotées en bourse au Maroc. Parmi ses avantages figurent en premier lieu la régularisation des cours, l’optimisation des capitaux et l’augmentation de la rentabilité. Mais cette opération présente aussi des risques sur la liquidité du marché, en absorbant les capitaux circulant sur le marché. Quoi qu’il en soit, cette démarche fait suite aux résultats probants enregistrés par la société.
En témoigne son rapport annuel de l’année 2001, année où cette filiale du groupe italien Italcimenti a poursuivi son programme de développement. La mise en service d’une unité industrielle à Laâyoune, le lancement du programme de mise à niveau environnemental de l’usine de Marrakech, la certification de celle d’Agadir, l’amélioration des performances techniques de certaines unités…ont déclenché une hausse significative des volumes de vente et une évolution du chiffre d’affaires (1,64 milliard de DH contre 1,5 milliard en 2000). Autre aspect positif, l’excédent de trésorerie dégagé par la société, résultat des performances et des efforts d’investissement de la société et qui s’est élevé à 596 millions de DH à fin 2001 contre 278 millions en 2000.
Le programme de rachat en est la conséquence directe. Une fois atteint le plafond de 9,5%, l’opération, qui consiste en la distribution de dividende et rachat d’actions, permet d’absorber la trésorerie excédentaire. Une première au Maroc, cette opération est monnaie courante en France ou aux Etats-Unis. Le principe est simple. Lorsqu’il y a besoin d’investir et que le cash en vient à manquer, un appel est lancé aux actionnaires. Si la donne est inversée et qu’une société donnée dispose de plus d’actions qu’il n’en faut, une distribution de ces derniers s’impose pour réduire le capital et aboutir ainsi à une meilleure rentabilité des actions qui restent. Comptant parmi les plus grands cimentiers du secteur ( HOLCIM, Lafarge, Asment Temara…) dans un pays qui en a grandement besoin, Ciments du Maroc souffre néanmoins de certains blocages.
Le coût élevé de l’énergie et pose comme premier handicap. Se basant sur deux sources d’énergie, l’électricité et la coke de pétrole, les sociétés opérant au Maroc dans ce secteur doivent payer trois fois le prix de l’énergie consommée que dans un pays comme l’Espagne ou le Portugal. La taxe sur les combustibles est pour beaucoup dans le surcoût qui disculpe le prix de revient et réduit la marge de bénéfice. La compétitivité du produit cimentier marocain risque d’en payer le prix encore plus fort face à la concurrence ibérique qui pointe déjà sur l’horizon de l’accord de libre-échange qui sera entamé en 2010.

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