Le charter pique du nez à Agadir

Le charter pique du nez à Agadir

Déjà en baisse entre 2003 et 2004, le trafic charter continue  à piquer du nez en 2005. Dans les principales destinations touristiques du Maroc que sont Agadir et Marrakech, les chiffres sont éloquents. Sur cette première ville, le trafic charter représentait 53% du trafic total en 2004 contre 20% pour le régulier et 27% pour le national. De loin, le plus important, le charter accuse actuellement, au titre de l’année 2005, une baisse dans la capitale du Souss. Seulement 514 824 passagers ont emprunté ce mode sur les dix premiers mois de l’année 2005 contre  539 604 à la même période de 2004, soit une baisse de 4,59%.
Notons que sur la même période, le régulier a augmenté de 10%.  Officiellement, ce n’est pas dramatique, explique un haut responsable sur place, se réjouissant du fait que le trafic global sur Agadir est en hausse de 12% : «Nous notons néanmoins un report important du charter vers le régulier ,mais  ce qui est perdu à ce niveau est rattrapé en vols réguliers ».
Chose qu’omet de dire ce responsable,  le charter, constitue le vrai baromètre de la situation touristique.
Le point de chute de la plupart des passagers arrivant à l’aéroport d’Agadir Al Massira  par charter, c’est d’abord les cars touristiques d’Holidays Services , de FST ou autres, puis les hôtels. Ce qui n’est pas le cas du vol régulier, qui recense aussi le régulier inter et le régulier transit.
A Marrakech, le scénario est le même. Les chiffres de l’Office national des aéroports enregistre une hémorragie relative du charter vers le «régulier low cost ». L’explication de cette mutation est simple : «Les vols réguliers sont soutenus ». Aussi bien le ministère du Tourisme que l’Office du tourisme refusent d’appeler ce soutien «des subventions ».  Le terme consacré est plutôt «co-marketing ».
N’empêche, co-marketing ou subvention, la formule, qui exclut d’office Atlas Blue, crée de nombreux candidats au régulier low cost. A commencer par les 120 000 sièges d’Air Horizons, en souffrance actuellement.
Il y a aussi les 5 vols de Corsair  sur Marrakech les sièges  du Belge Jet Air, deux autres compagnies attendues également sur le régulier. S’agira-t-il véritablement du régulier, avec un programme basé sur le long terme ?  Conséquence de toutes ces migrations, en 2006, on risque de voir un retournement de tendances.
Les quarante compagnies charter desservant Agadir actuellement sont pour la plupart tentées de se positionner sur le low cost qui souvent, est un «charter déguisé en low cost », pour reprendre un terme utilisé à la RAM à l’époque de Mondair. Cette  dernière compagnie, disparue prématurément, a été créée par un opérateur tourisque marocain, sans avoir bénéficié des programmes de co-marketing.  Aujourd’hui, à la suite d’Aigle Azur, il est difficile d’évaluer le soutien apporté par l’Etat à toutes ces nouvelles compagnies qui, comme Air Europa, ne veulent pas sortir de l’axe Marrakech- Agadir.
Les négociations homériques menées par la compagnie espagnole, hésitante pour desservir Fès, avaient l’année dernière (voir Fès : Le compromis Globalia-hôteliers) fini par décourager tous les pronostics. Soutenir les low cost –déjà rentables grâce à des coûts d’exploitation bas et à une main-d’œuvre bon marché- au détriment des compagnies nationales et du charter est-il vraiment le meilleur moyen d’aller vers la vision 2010 ?

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *