Le CIH trouve repreneur

Le tant attendu repreneur du Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH) est, enfin, trouvé. Un communiqué officiel, attendu pour cette journée du lundi 17 janvier 2005, devrait livrer plus de détails. De sources proches du dossier, le repreneur n’est autre que le spécialiste français de l’immobilier, le Crédit foncier de France (CFF). Si elle est confirmée, cette information est annonciatrice, à coup sûr, d’une nouvelle restructuration du paysage bancaire marocain.
En effet, derrière le Crédit foncier de France, se trouve sa société-mère, la Caisse nationale des Caisses d’Epargne (CNCE). Cette dernière a marqué, tout récemment, le paysage médiatique national. Le refus de l’autorité de tutelle, Bank Al Maghreb, d’un rapprochement entre le géant français et la BMCE Bank, en a étonné plus d’un. Depuis, le groupe bancaire d’Othman Benjelloun a trouvé un autre associé de taille, le groupe CIC. Toutefois, selon notre source, la filiale de la Caisse d’Epargne française, le CFF, revient à la charge en parfaite concertation avec la BMCE Bank. Par conséquent, selon ce raisonnement, le CIH sera désormais adossé à la BMCE Bank.
Cette hypothèse, si elle voit le jour, est assurément un bon scénario de complémentarité bancaire pour les deux banques marocaines. Pour l’histoire, les visées du groupe bancaire d’Othman Benjelloun ne datent pas d’aujourd’hui. Au contraire, l’intérêt pour le spécialiste national du crédit immobilier remonte à plusieurs années. Certains n’ont-ils pas à l’époque interprété la nomination d’Abdelouahed Souhail, un haut cadre de la BMCE, à la tête du CIH, comme une stratégie du groupe en vue de l’absorption du CIH? Dans le détail, le portefeuille hypothécaire de la banque est un vrai trésor de guerre. En plus, toute banque « ressourcière », à l’image de la BMCE Bank, cherche à mieux affecter ses ressources. Rien ne vaut, selon les spécialistes, le placement immobilier. Côté management, rien n’a filtré. Lors d’une récente déclaration à la presse, le P-dg du CIH, Khalid Alioua, avait annoncé une prochaine solution définitive au dossier. C’est désormais chose faite. L’ex-ministre USFP a dû déployer son talent politique et sa maîtrise technique pour boucler l’opération au mieux des intérêts du CIH. Par contre, au point de vue financier, la valeur en Bourse, dans l’indifférence totale des suiveurs du marché, a connu une surchauffe anormale. D’ailleurs, la suspension de la cotation du CIH en Bourse est, enfin, annoncée pour cette journée du lundi 17 janvier. La valeur est passée, en deux semaines, de 25 DH à plus de 35 DH.
Le marché a dû la réserver à la hausse deux séances de suite. Il est même resté acheteur pour une quantité sans précédent, 120 000 titres ! c’est dire que le marché a bien anticipé l’arrivée du nouvel actionnaire.
Avec le CFF, le CIH gagnerait un partenaire de taille avec une expérience de plus de 150 ans. Le Crédit foncier le fera bénéficier de son expertise et accompagnera la banque marocaine, qui a bien amorcé sa sortie de crise. Créé en 1852, le Crédit foncier est un spécialiste des financements et des services à l’immobilier. Avec plus de 7 500 collaborateurs, son activité couvre trois métiers. En tête, les financements de l’immobilier pour les particuliers et les professionnels. En second, les services à l’immobilier, avec sa filiale Gestrim qui est le deuxième administrateur de biens en France et le premier réseau privé de logements pour étudiants.
L’expertise immobilière grâce à sa filiale Foncier Expertise, constitue le premier pôle d’expertise immobilière en France.
Enfin, Les activités financières, avec les émissions d’obligations foncières et l’achat d’actifs via la filiale, Compagnie du Financement foncier. Ce savoir-faire, mis au service du CIH, ne pourrait qu’ouvrir de nouveaux horizons. Au moment où l’habitat est inscrit comme priorité, ce nouvel opérateur avec son expertise plus que centenaire, serait le bienvenu pour un établissement qui a longtemps vécu dans l’attentisme.

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