«Le climat change, et nous ?» : La double urgence

«Le climat change, et nous ?» : La double urgence

La journée du climat organisée par l’Institut français

Les attentes sont nombreuses et ce n’est certainement pas un hasard si la question des changements climatiques s’impose avec acuité dans tous les débats. Seulement le grand public semble parfois désarçonné face aux multiples concepts et aux différentes étapes de ratification de l’Accord de Paris. Associer le grand public aux débats liés aux changements climatiques et proposer des solutions alternatives étaient donc les principaux objectifs de la journée dédiée au climat. Une journée organisée à la Bibliothèque Nationale du Royaume du Maroc ce week-end par l’Institut français en collaboration avec des ONG marocaines et françaises.

Les changements climatiques sont une réalité. Un constat sur lequel s’accordent les participants à cette journée sur le climat. Ainsi, ONG, associations, écoles, personnalités publiques et chercheurs étaient présents en force lors de cette manifestation afin de partager leurs préoccupations avec les différents experts et responsables présents. Une présence hautement importante du fait du poids prépondérant de ces acteurs dans le processus de lutte contre les changements climatiques. L’ambassadeur de France au Maroc a d’ailleurs souligné le rôle des sociétés civiles, des ONG, et des entreprises, car «sans elles, il n’y aura pas de succès pour l’Accord de Paris». Et de poursuivre : «Le climat est la plus grande cause citoyenne de notre temps; c’est le plus grand défi de long terme de la planète, comme le terrorisme est le plus grand défi du court terme». Avant d’ajouter que «la COP22 s’annonce sous les meilleurs auspices et sera l’occasion d’entrer dans la réalisation concrète de l’Accord de Paris».

Le Pérou et le Maroc : Des écosystèmes similaires

Manuel Pulgar-Vidal, ancien ministre de l’environnement du Pérou et président  de la COP20
Manuel Pulgar-Vidal, ancien ministre de l’environnement du Pérou et président de la COP20

A une question d’ALM sur les points communs entre le Maroc et le Pérou, M. Manuel Pulgar-Vidal, ancien ministre de l’environnement du Pérou et président de la COP20, invité d’honneur de cette journée, confie que  «le Maroc et le Pérou sont deux pays en voie de développement, ils partagent les mêmes défis.

Nous sommes des pays qui continuons à nous battre contre la pauvreté et c’est pourquoi la question de l’adaptation est une partie centrale de notre effort. Nous avons des écosystèmes similaires, comme celui par exemple de la problématique de l’accès à l’eau et aux ressources hydriques.

C’est pourquoi nos deux pays doivent faire preuve de beaucoup d’innovation pour faire face à ces défis communs.

C’est également pourquoi l’adaptation, et donc l’atténuation, est essentielle face à ces changements posés par les défis climatiques. Je crois qu’en plus parce que nous sommes des pays en développement nous avons tous le courage qu’il faut justement pour organiser une COP. C’est le signe justement que des pays comme les nôtres regardent avec optimisme tous ces efforts qui sont faits dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques».

Lorsque l’art et le talent s’engagent pour le climat

250 personnes inscrites et 65 films ont été envoyés de toutes les régions du Maroc, de France, de Chine et même d’Indonésie pour participer à la troisième édition du concours international du film court. Intitulée «Ana Maghribi(a)», la cérémonie de remise des prix de cette troisième édition s’est tenue la même journée.

Six prix ont été remis aux gagnants qui ont proposé des vidéos n’excédant pas 90 secondes.

Les gagnants ont été largement applaudis et acclamés par le public pour la qualité de leurs films. Le prix du public a été attribué à Hamid Khoujane pour son film «Save Earth». Le prix spécial de l’IFM est revenu à Ali Ben Chekroune pour son court métrage «L’enfant sans nom».

Le jury présidé par Nour-Eddine Lakhmari, le réalisateur de Casanegra, a décerné le premier prix à Loic Quénault pour son film «Fouilleur» (BOU3AR). Concernant le prix de la Société Générale Maroc, c’est le film au titre provocateur, «Je déteste mes enfants» de Ayoub Kinani, qui l’a remporté. Signe d’espoir, cette journée a été marquée par l’afflux en masse des jeunes venus d’une part pour découvrir les différentes activités, projections de films et les quarantaines de stands dédiés au climat et d’autre part participer aux tables rondes et échanger avec experts et responsables sur les enjeux du climat.

La COP22 c’est la COP de l’action

jean-francois-girault-ambassadeur-de-france-au-marocTrois Questions à Jean-François Girault, ambassadeur de France au Maroc

ALM : Quels sont les prochains défis communs entre le Maroc et la France en matière de changements climatiques?

Jean-François Girault : Ce qui est important c’est que l’ensemble des sociétés, l’ensemble des peuples s’approprient l’Accord de Paris, s’approprient les objectifs ambitieux qui sont les nôtres car les gouvernements décident, les gouvernements ratifient, les Parlements ratifient mais les peuples vivent la réduction des émissions de CO2 à travers leur appréciation personnelle, et c’est eux qui feront de l’Accord de Paris un succès. C’est pour cela que la journée d’aujourd’hui est une journée importante avec les ONG, avec les entreprises car c’est l’ensemble de ces éléments des sociétés civiles qui fera que l’Accord de Paris qui pourrait entrer en application au moment de la COP22 de Marrakech sera véritablement la loi universelle pour éviter la destruction de la planète.

Comment développer davantage la coopération entre le Maroc et la France en matière de changements climatiques? 

La coopération entre le Maroc et la France est remarquable, c’est tous les jours que nous participons ensemble à des évènements. Nous créons ces conditions qui feront de la COP22 un grand succès pour le Maroc, un grand succès pour la coopération franco-marocaine et un grand succès pour l’accord universel qui est celui de Paris.

La COP22 a certainement des objectifs… 

La COP22 c’est la COP de l’action, c’est la COP de la mise en œuvre, c’est la COP des projets. Donc, ce qui est important c’est que cette détermination et les principes manifestés à Paris se concrétisent par tous les projets qu’apportent non seulement les Etats mais également les entreprises, les sociétés civiles et les ONG.

Leila Ouchagour

(Journailiste stagiaire)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *