Le dernier wagon

Depuis le début des années 80, les investissements réalisés dans les secteurs de la chimie, des infrastructures et de la production d’énergie, ont profondément modifié le tissu économique de la province d’El Jadida, pour faire d’elle, le pôle de développement privilégié du Maroc.
Concrètement, cela repose sur la réalisation d’infrastructures d’accueil et de projets économiques telles que la construction du port Jorf Lasfar d’une capacité de 50 millions de tonnes par an, des complexes chimiques Maroc Phosphore 3 et 4, faisant du pays le premier exportateur mondial des dérivés du phosphate, d’une ligne de chemin de fer Nouasser -Jorf Lasfar, de la plus puissante centrale thermique- plus de 50% de l’énergie électrique du Royaume-, l’aménagement d’une zone industrielle à El Jadida d’une superficie de 117 hectares – plus de 62 unités opérationnelles et la réalisation d’une usine de production d’acide purifié et d’une ligne d’acide phosphorique de100 tonnes par jour.
Cette zone est appelée à jouer un rôle encore plus important dans le développement de la grande industrie et dans la promotion de l’activité portuaire. Le projet du parc industriel de Jorf Lasfar, d’une superficie de 500 hectares, devrait générer un chiffre d’affaires à l’exportation de l’ordre de 560 millions de dollars. Son aménagement est estimé à 55 MDH. L’agriculture n’est pas en reste. Un projet « haut-service » de 6 milliards de dirhams contribuera à mettre en valeur 64.000 hectares s’ajoutant aux 61.000 autres du « bas-service ».
Ces investissements d’infrastructure massifs réalisés pèsent, on le devine, lourdement sur la dette extérieure marocaine. Aussi l’Etat, condamné à axer la priorité de son développement dans cette région, devrait-il lui accorder une attention plus particulière. La réalisation de l’autoroute Casablanca-El-jadida-Jorf Lasfar, d’une nécessité absolue, est la priorité des priorités sur laquelle doit s’atteler le gouvernement de Abderrahman Youssoufi. Programmé pour être opérationnel en fin 1998, ce lien autoroutier a été curieusement reporté par les anciens responsables. Or, la réalisation de ce projet important permettra, tout d’abord, de désengager la ville de Casablanca et son port déjà saturés, délocaliser, ensuite des entreprises vers El-Jadida et activer, enfin, le port Jorf Lasfar qui ne tourne malheureusement qu’à 8 millions de tonnes par an. Le report de ce projet n’a pas été sans causer des préjudices au développement économique de la région.
Plusieurs investisseurs ont préféré s’installer à proximité de Casablanca, et plus particulièrement à Berrechid. Le secteur du tourisme, lui, n’a pas décollé pour suivre parallèlement cette évolution industrielle. Il est resté hélas dans une position stagnante pour ne pas dire pire.

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