Le dilemme du poisson

Le commerce international de poisson et la sécurité alimentaire. Tel est l’objet de la réunion de consultation d’experts sur le commerce international des produits de la mer et la sécurité alimentaire qui se tient à Casablanca depuis le 27 et jusqu’au 30 janvier.
Initié par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), en collaboration avec le Magazine international Info Samak, ce forum a pour objectif de mener une réflexion sur la problématique de la sécurité alimentaire dans les pays exportateurs en développement. Des pays où l’on remarque une disponibilité des ressources, comme c’est le cas pour le Maroc, et une forte demande externe en produits de la pêche.
Selon les statistiques de la FAO, les importations mondiales des produits de la pêche atteignent actuellement près de 59 milliards de dollars, de même que la valeur de l’exportation a été estimée à 54 milliards de dollars. Produit à forte valeur ajoutée pour les pays en développement donc, le commerce de la pêche pose par là même un autre problème : la sécurité alimentaire des pays qui en sont les exportateurs. Les besoins nationaux de consommation entrent en compétition directe avec la logique d’exportation à même de générer des recettes en devises pour financer le développement de leurs pays. Une gestion équitable de cette ressource s’impose. «Les pays arabes disposent d’une richesse halieutique, capable d’assurer une large sécurité alimentaire à leurs sociétés et satisfaire les besoins des marchés nationaux à un prix à la portée de toutes les bourses, à condition que ces ressources soient exploitées, distribuées et commercialisées d’une façon rationnelle», a déclaré Abdellatif Belkouche, le directeur d’Info Samak.
Au dilemme précité s’ajoute un élément non moins pénalisant pour ce commerce : «Le volume du commerce des produits de la mer ne correspond pas au niveau de l’offre et de la demande du marché international», relève M. Belkhouche. Le taux des échanges des grands pays producteurs des produits de la mer, comme le Maroc et la Mauritanie, avec les pays de la région ne dépasse pas le seuil de 3% de la globalité de leurs importations en la matière.
Pour rentabiliser et optimiser le secteur des pêches, les pays en développement doivent impérativement développer les structures d’aquaculture, a souligné pour sa part, le représentant de la FAO à Rabat, le Tunisien Omar Ben Romdhane. Les exportations des produits de la pêche contribuent à hauteur de 50 % des flux de la pêche échangés à l’échelle mondiale et dont 80 pc (en valeur) est destiné aux pays développés. Partie prenante à ces journées de consultation, le ministère de la pêche, à sa tête Taïb Mohamed Ghafès, a appelé la communauté internationale à procéder à un redressement par la mise en oeuvre de mesures de conservation et d’aménagement des ressources halieutiques, telles qu’elles découlent des dispositions pertinentes du code de conduite pour une pêche respectueuse des recommandations et plans d’action du sommet mondial de l’alimentation et de la déclaration de Kyoto sur la contribution durable des pêches à la sécurité alimentaire. Il est à noter que cette consultation, la première du genre tenue au Maroc, après deux conférences alimentaires mondiales organisées, en 1997 et 2002 au siège de la FAO à Rome, s’inscrit dans le cadre d’une stratégie de l’organisation onusienne en matière de lutte contre la faim.

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