Le dossier agricole à l’étude

C’est officiel. Les négociations entre le Maroc et l’Union européenne reprendront le 18 juin prochain à Rabat. Ces négociations s’annoncent difficiles comme d’habitude. Du moins, si l’on en juge par la complexité de ce dossier. Pas besoin de rappeler ici le poids de l’agriculture dans le commerce mondial.
Chaque pays cherche à défendre son intérêt dans la perspective de la libéralisation totale des marchés. Rappelons tout de même que le dossier agricole a été toujours retardé aussi bien dans les négociations bilatérales que multilatérales.
Des concessions marocaines seront certainement observées, mais l’on ne sait toujours pas lesquelles. Une chose est sûre : le soutien financier à l’export assuré par la caisse de Bruxelles aux agriculteurs européens irrite les responsables marocains. Même son de cloche chez les Américains qui demandent dans le cadre de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) la diminution voire l’élimination des subventions européennes. La position américaine étonne plus qu’elle rassure dans la mesure où le gouvernement Bush dans le cadre de la nouvelle loi agricole accorde une hausse de 70% des subventions aux agriculteurs. Ce qui est en contradiction totale avec leur discours libéral.
La question des subventions est d’autant plus d’actualité dans la mesure où l’Europe se déchire sur l’aide proposée aux futurs adhérents. En effet, à six mois de la fin programmée des négociations d’adhésion, les Quinze se sont mis d’accord sur l’aide à accorder aux dix futurs membres de l’Union. Les plus gros contributeurs de l’Union refusent de s’engager en faveur d’aides directes pour les agriculteurs polonais, hongrois ou slovènes. Ils souhaitent alléger leurs versements au budget communautaire. La France cherche à pérenniser le modèle agricole en en faisant profiter les nouveaux adhérents. Un nouveau clivage apparaît au sein de l’Union, exacerbé par une réforme en cours de la PAC (Politique Agricole Communautaire).
Plusieurs opérateurs marocains estiment que l’accord d’association a été beaucoup plus en faveur des pays de l’Union. Cette situation a amené les agriculteurs marocains à se lancer sur d’autres marchés notamment européens et africains. Encore une fois, ils se retrouvent face à des concurrents qui bénéficient des aides de l’Union européenne. Comment dans ce cas, le Maroc peut accéder à de nouveaux marchés alors que ses agriculteurs ne disposent d’aucune d’aide et au moment où plusieurs d’entre eux se sont engagés dans des investissements. Certains d’entre eux ne cachent pas leurs inquiétudes sur l’évolution de leur business avec les pays européens.
Si les Quinze affichent aujourd’hui leur volonté de revoir leur système de subvention à l’export, jusque-là ils ne l’ont pas traduit sur le terrain. Le protectionnisme reste toujours de mise. L’Union européenne sera peut-être amenée à mettre fin aux subventions dans le cadre l’OMC. En tout cas, la politique poursuivie jusque-là par l’UE ne profite pas aux exportateurs marocains qui mettent en avant le manque de visibilité par rapport à l’évolution de l’accord d’association avec les partenaires européens. A ce propos, les responsables du ministère de l’Agriculture soulignent qu’il existe peut-être un déficit de communication à ce niveau. Ils précisent que leur département a toujours travaillé en concertation avec les différentes associations professionnelles. Le manque de visibilité est d’autant plus vrai, si l’on en juge par la politique agricole menée jusque-là. Les pouvoirs publics n’arrivent toujours pas à trancher dans ce domaine sensible.

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