Le doute plane sur l’emprunt international

Les dernières déclarations de l’argentier du pays, Fatahallah Oualalou, sur un éventuel appel de l’Etat marocain au marché international des capitaux n’ont fait qu’alimenter le doute de la communauté financière sur les raisons d’une telle démarche. Après avoir démentie cette initiative, le ministre des Finances est revenu à la charge en soulignant que le Maroc attend une bonne opportunité pour lancer un emprunt obligataire international estimé à 500 millions de dollars. Faisant référence ainsi aux conditions défavorables caractérisant actuellement les marchés des capitaux internationaux. Auprès du département des Finances, on s’obstine à garder le silence sur les modalités d’un tel emprunt. Du moins pour le moment.
Dans les milieux bancaires et financiers, on estime que les faibles taux d’intérêt sur le marché marocain et la surliquidité n’expliqueraient en aucun cas le recours aux marchés internationaux des capitaux.
En attendant la position officielle du département de Oualalou à ce propos, on ne peut pas s’avancer sur les véritables motifs d’une telle opération dans la conjoncture économique actuelle.
Mais dans le cas échéant, plusieurs hypothèses peuvent être retenues. L’emprunt peut servir au financement de projets ou réformes. Dans son démenti, le ministre des Finances a précisé que le recours à l’emprunt obligataire international n’est nullement motivé pour des besoins de financement dans la mesure où le marché local est liquide et que les réserves en devises sont de plus de 8 milliards de dollars. Faut-il pour autant prendre les déclarations de l’argentier du royaume, selon lesquelles, l’objectif primordial de cette opération est d’établir un ‘’benchmark » (indicateur permettant de faire des comparatifs) qui servirait de référence pour les établissements privés et publics en quête de fonds sur les marchés de capitaux internationaux comme argent comptant. Seul le temps le dira.
Dans les milieux bancaires, on chuchote que plusieurs établissements, à l’image de BNP Paribas, Deutsche Bank, ont affiché leur intérêt pour cet emprunt dont la durée est estimée à cinq ans. Les consultations avec des banques d’affaires ont été affirmées par M. Oualalou. L’objectif étant de faire le point sur les recommandations des experts sur les conditions dans lesquelles le Maroc peut initier le recours aux marchés internationaux. En attendant, aucun mandat n’a été délivré à une institution pour le lancement effectif de l’emprunt.

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