Le FMI dénoncé par l’Argentine

Le gouvernement argentin s’est opposé samedi à l’ingérence du FMI dans la définition de son plan anti-crise, dont il envisage d’assouplir certains aspects afin de calmer la colère de la rue qui s’est violemment manifestée contre lui pour la première fois, cette fin de semaine.
«Franchement, nous n’avons pas besoin que toutes les deux minutes un fonctionnaire du FMI nous dise de quelle façon nous devons suivre la voie sur laquelle nous nous sommes engagés il y a sept jours à peine», a déclaré le vice-ministre argentin de l’Economie, Jorge Todesca.
Il a durement critiqué la directrice générale adjointe du Fonds monétaire international (FMI), Anne Krueger, qualifiant sa position d’»incohérente» et d’»offensante» à l’égard de l’Argentine.
Que les fonctionnaires du Fonds «parlent le moins possible et dans la mesure où ils n’ont rien d’intéressant à dire, qu’ils nous laissent travailler quelques jours de plus pour stabiliser la situation économique et sociale, et nous aurons un plan à présenter au FMI pour renouer avec l’aide internationale», a affirmé Todesca. Mme Krueger avait estimé vendredi que «tant qu’il n’y aura pas un programme économique relativement cohérent qui offre des engagements à moyen terme», le FMI ne pourra «entamer des négociations» avec l’Argentine pour la restructuration de sa dette (141,252 milliards de dollars) et un prêt éventuel, estimé entre 15 et 20 milliards de dollars. Dans une lettre adressée au ministre argentin de l’Economie Jorge Remes Lenicov, elle avait prôné un flottement total du peso et de nouvelles mesures de rigueur budgétaire.
Supprimant la parité peso-dollar, en vigueur depuis 1991, le gouvernement argentin a instauré un double système de change avec un taux fixe d’un dollar pour 1,40 peso pour les transactions extérieures (soit une dévaluation de 28,6%), et un flottement de la monnaie nationale pour les autres opérations.
Au premier jour de l’entrée en vigueur de cette mesure, vendredi, le dollar s’échangeait sur le marché libre entre 1,60 et 1,70 peso, soit environ 40% de dévaluation, ce que Todesca a qualifié de «comportement raisonnable».

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