Le FMI pointe du doigt la masse salariale

Le FMI pointe du doigt la masse salariale

Fatallah Oualalou poursuit ses «consultations budgétaires». Samedi dernier à New York, en marge des assemblées générales du FMI et de la Banque Mondiale, le ministre des Finances a fait une présentation de la situation de l’économie marocaine et de ses perspectives d’évolution. Le spectre du Budget 2005, notamment des charges de fonctionnement et de la masse salariale, ont rendu l’exercice délicat. D’ailleurs, les responsables du FMI et de la Banque mondiale, sans se départir des formules diplomatiques de rigueur, ont rappelé à l’argentier du Royaume, la nécessaire maîtrise de la masse salariale, laquelle, devant l’évolution du cours du pétrole, mérite une attention particulière des pouvoirs publics. Un rappel qui frisait le coup de semonce mais qui reste pour le moment sans frais. Car, sur le fond, aussi bien le FMI que la Banque mondiale continueront à soutenir le Maroc à travers le conseil et l’assistance technique dans les domaines prioritaires dont la définition est du ressort du gouvernement. Ainsi, à moyen terme, sur la période 2005-2009, une stratégie de coopération a été définie entre les deux parties. Domaines concernés : le soutien aux projets d’investissements, les programmes d’ajustement sectoriel et l’assistance technique.
Dans ce cadre, le Maroc et la Banque mondiale ont signé un contrat «Master Derivation Agreement (MDA) relatif à l’utilisation des instruments de couverture de risques financiers. Cité par l’agence Map, le ministre des Finances a déclaré que «cet accord permet au Maroc d’avoir un cadre juridique de nature à assurer la célérité nécessaire pour la concrétisation des opérations de couverture de risques financiers liés aux fluctuations des taux d’intérêt et de change sur les prêts contractés auprès de la Banque mondiale». Le Maroc pourra utiliser cet accord dans la gestion active de sa dette extérieure et l’optimisation des risques de taux d’intérêt et de change.
Par ailleurs, en marge de ces assemblées annuelles, le ministre des Finances, qui représentait le Maroc à la réunion du Comité du développement (CD), a appelé à l’instauration d’une économie mondiale forte, solidaire et enrichissante pour tous. Le ministre, a fait remarquer que malgré la consolidation de la reprise de l’économie mondiale, visible à travers la hausse de la production industrielle, de l’investissement et des flux commerciaux, la situation économique des pays en développement demeure précaire.
Les cours du pétrole, préoccupation majeure du moment, peuvent, rappelle le ministre, avoir des répercussions négatives sur les pays non producteurs. Face à ces divers déséquilibres, ce sont tous les objectifs du millénaire qui sont menacés. L’objectif fixé par les Nations Unies de porter l’aide publique au développement à 0,7% du PNB est resté un voeu pieux. Visiblement plus à l’aise dans cet exercice des déséquilibres mondiaux que celui des équilibres budgétaires, le ministre a rappelé plusieurs exigences contenues dans ces objectifs du millénaire. Il s’agit de trouver de nouvelles modalités de financement pour accélérer la mobilisation des ressources nécessaires pour la réalisation des objectifs du Millénaire (Facilité Financière Internationale). Oualalou a aussi plaidé pour le principe de l’institution d’une taxe mondiale pour le financement du développement.

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