Le FMI s’attend à de terribles conséquences

La hausse des prix alimentaires pourrait avoir de terribles conséquences pour la planète entière, allant jusqu’à la guerre, si rien n’est fait pour l’endiguer, a souligné samedi à Washington le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn.
«Les prix de l’alimentation, s’ils continuent comme ils le font maintenant… les conséquences seront terribles», a lancé M. Strauss-Kahn au cours d’une conférence de presse donnée à l’issue d’une réunion de l’instance dirigeante du FMI. «Des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim… ce qui entraînera des cassures dans l’environnement économique», a-t-il mis en garde. Les progrès réalisés par les pays pauvres depuis cinq à dix ans en matière de développement pourraient se retrouver «complètement détruits», a-t-il dit, en soulignant que ce problème dépassait le cadre strict des préoccupations humanitaires. «Comme nous le savons, en apprenant du passé, ce type de problèmes débouche quelquefois sur la guerre». Si le monde veut éviter «ces terribles conséquences», la hausse des prix doit être endiguée.
Ces derniers mois, la hausse des prix de l’alimentation a provoqué une agitation sociale dans plusieurs pays, provoquant notamment la chute du Premier ministre en Haïti, après des émeutes de la faim qui ont fait au moins 5 morts, auxquels s’ajoute samedi un policier nigérian de l’ONU tué par balles par des inconnus. Le président haïtien René Préval a annoncé samedi une réduction du prix du riz pour éviter une répétition des violences des derniers jours. Le même jour, des émeutes impliquant quelque 20.000 personnes protestant contre la vie chère et les salaires bas ont eu lieu près de Dhaka (Bengladesh). Dans nombre de pays en développement, les gouvernements ont été obligés d’augmenter le niveau des subventions aux biens de première nécessité et aux carburants, ou de réduire leurs exportations de produits agricoles – comme cela a été le cas en Thaïlande avec le riz – pour calmer les tensions inflationnistes sur leur proche marché. Le directeur général de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), Jacques Diouf, avait appelé cette semaine les dirigeants mondiaux à un sommet en juin pour faire face à ce qu’il a appelé une crise alimentaire mondiale. «Au regard des émeutes alimentaires dans le monde, dans des pays comme l’Afrique et Haïti, nous avons véritablement une urgence». La ministre française de l’Economie Christine Lagarde a relevé devant la presse que ces problèmes étaient «de facture assez récente». «On en parle de manière intense depuis 4 à 6 semaines avec des vrais problèmes sociaux». Pour elle, «c’est parce que les marchés financiers sont en grandes turbulences que les opérateurs de marchés vont se placer sur des produits plus liquides et que les prix des matières premières, agricoles ou énergétiques, montent». Mme Lagarde a donc fait valoir que traiter la crise financière était la manière idoine de résoudre pour partie cette envolée des prix alimentaires. «Traitons la crise financière et on fera disparaître une partie de la pression qui s’exerce» sur les prix alimentaires, a-t-elle assuré.

• Bryan Mcmanus (AFP)

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