Le forcing britannique

Dans l’histoire des relations économiques maroco-britanniques, jamais le patronat du Royaume-Uni n’a affiché un aussi grand dynamisme. Il met les bouchées doubles pour donner du volume aux échanges commerciaux avec le Maroc. D’où la dernière visite de Digby Jones, président du Conseil du patronat anglais (CBI) au Royaume. Que faut-il retenir de cette visite éclair ? Les milieux d’affaires britanniques misent plus que jamais sur le Maroc. M. Jones estime que le Maroc offre plusieurs atouts pour les investisseurs britanniques notamment la stabilité politique et l’engagement du pays sur la voie des réformes économiques.
Le terme «confiance» revenait comme un refrain dans le discours du président du patronat anglais. Histoire d’attester de la volonté de cette organisation de donner un nouveau souffle aux échanges économiques et sociaux entre les deux partenaires. Il a demandé aux gouvernements des deux pays de déployer plus d’efforts pour instaurer un environnement favorable aux investisseurs. Selon lui, ces derniers ont besoin d’un cadre assurant à la fois transparence et visibilité. Des propos partagés par Hassan Chami, président de la CGEM (Confédération Générale des Entreprises du Maroc). Ce dernier a attiré l’attention sur la nouvelle politique des Britanniques ciblant les pays émergents. « Nous sommes heureux que le Royaume-Uni partage nos convictions sur la nécessité d’instaurer un cadre visant l’intégration des pays en développement dans le commerce mondial», constate le président du patronat marocain.
Rappelons, par ailleurs, que la Grande-Bretagne est située troisième partenaire commercial du Maroc après la France et l’Espagne. Pour l’année 2001, le volume des échanges entre les deux pays a atteint 14 milliards de DH en progression de 15% par rapport à l’année précédente. Avec l’Egypte, le Maroc figure en tête de liste des pays arabes avec lesquels le Royaume-Uni tisse des relations économiques privilégiées. Notons que le Maroc a été retenu par le gouvernement britannique pour la période 2001/2003 comme étant un marché cible parmi 14 autres pays à travers le globe. La visite de M. Jones a été soldée notamment par la signature d’un protocole de coopération entre les filières céréalières marocaine et britannique. L’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (Onicl) et Home Grown Cereal Authority ont conclu un accord portant sur l’échange d’informations économiques et techniques, le suivi des marchés mondiaux des céréales, les perspectives d’évolution des filières et la consolidation des compétences dans le domaine des céréales ainsi que la formation des cadres.
Auprès du service commercial de l’ambassade du Royaume-Uni, on précise que dans l’immédiat, la priorité n’est pas accordée à la simple signature de contrats. « L’intérêt est de tisser des partenariats durables portant sur des secteurs bien précis », assure-t-on. D’où la création du premier conseil d’affaires maroc-britannique dont l’objectif est de saisir les opportunités d’investissement.
Pour l’heure, la moitié des investissements britanniques concerne l’industrie du textile et de l’habillement. Le tourisme, l’agroalimentaire, les finances et l’informatique figurent sur la liste des secteurs prioritairement ciblés par les opérateurs britanniques. Si l’intérêt aussi bien du gouvernement britannique que des milieux d’affaires est manifeste pour le marché marocain, tout dépend maintenant de la capacité des opérateurs nationaux et des pouvoirs publics à saisir cette opportunité pour transformer les ambitions en réels projets d’investissements.

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