Le G7 fait pression sur le yen

Le G7 fait pression sur le yen

Réunis à Essen en Allemagne, les ministres des Finances et banquiers centraux des sept pays les plus industrialisés du monde ont déclaré samedi que «le redressement du Japon se confirme et devrait se poursuivre» et ils ont exprimé leur confiance dans le fait que «les implications de cette évolution seront reconnues par les intervenants des marchés et incorporées dans leur analyse des risques».
Le ministre japonais des Finances, Koji Omi, a fait des déclarations similaires.
Mais pour les analystes, le communiqué final de la réunion d’Essen n’est pas assez marquant pour donner au yen davantage qu’un coup de pouce de courte durée.
«Ils n’ont en fait pas spécifiquement évoqué les “carry trades” dans le communiqué mais je crois qu’il s’agit d’un premier avertissement aux marchés sur les risques. Ils ne veulent cependant pas être eux-mêmes responsables de l’éclatement de la bulle», estime Ian Stannard, responsable de la stratégie devises de BNP Paribas.
«Cela pourrait permettre au yen de gagner un peu de terrain mais cela ne sera probablement pas suffisant pour enclencher un retournement de situation sur le yen à ce stade», a-t-il ajouté.
Le yen est orienté à la baisse depuis plusieurs mois déjà sur les marchés de change, les investisseurs ayant massivement recours aux "carry trades", une pratique consistant à emprunter en yen, donc à profiter des taux d’intérêt japonais très faibles, pour financer des achats de devises de pays offrant des taux plus élevés, donc plus rémunérateurs. Ce mouvement a fait tomber la monnaie japonaise à un plus bas niveau historique face à l’euro et à des plus bas niveaux de 21 ans face à un panier de référence.
De nombreux responsables politiques européens ont exprimé leurs craintes face à la faiblesse du yen, mais Tokyo et Washington ont minimisé la gravité du problème.
Au cours de la semaine écoulée, de peur que le G7 exprime un message plus fort, les investisseurs ont globalement réduit leurs positions vendeuses sur le yen, qui avaient auparavant atteint des montants record.
Le passage du communiqué d’Essen consacré aux devises est en fait, resté pratiquement inchangé par rapport à celui de la réunion de Singapour en septembre dernier, renouvelant l’appel à une plus grande flexibilité des changes dans les économies émergentes disposant d’importants excédents courants, "spécialement en Chine".

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