Le G8 divisé sur les solutions pour répondre aux enjeux énergétiques

Les ministres de l’Energie du G8 (Etats-Unis, Canada, Japon, Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne et Russie) ont peu de chances de parvenir à une position commune sur l’énergie nucléaire, a indiqué jeudi à l’AFP le commissaire européen à l’Energie Andris Piebalgs, en marge de la réunion.

"Les approches des membres du G8 sont très différentes. L’Allemagne arrête progressivement ses centrales nucléaires, la France est fortement favorable à l’énergie atomique et le Royaume-Uni est actuellement en train de revoir sa politique énergétique", a expliqué le commissaire.

L’idée d’un plan mondial pour développer le nucléaire civil, sans risque de prolifération militaire et visant à répondre aux besoins croissants en énergie, a été détaillée par le président russe Vladimir Poutine en janvier tandis que l’administration américaine a présenté à ses partenaires une initiative similaire, le partenariat mondial pour l’énergie nucléaire.

Le ministre français de l’Industrie François Loos, a estimé mercredi que ces propositions "spectaculaires étaient intéressantes mais pas du tout concrètes".

Les Européens, qui s’inquiètent surtout de la fiabilité de la fourniture de gaz russe, qui représente 25% de leur consommation, invitent la Russie à ratifier le traité sur la Charte de l’énergie pour améliorer le climat d’investissement en Russie et dans les pays de transit.

Mais si les débats s’intensifient sur ce point, l’Union européenne ne devrait pas voir de pas concrets en ce sens avant le sommet des chefs d’Etat du G8 à Saint-Pétersbourg en juillet, a estimé M. Piebalgs.

Selon un haut responsable français, le message clef de cette réunion "est qu’il faut de la visibilité pour tout le monde aussi bien pour les pays producteurs que les pays consommateurs".

Le directeur exécutif de l’Agence Internationale pour l’Energie (AIE) Claude Mandil avertit que faute d’investissements suffisants dans le développement de nouveaux gisements de la part du géant russe Gazprom, "il ne va pas y avoir assez de gaz russe pour faire face aux engagements pris" par le groupe à l’exportation.

Et l’AIE estime qu’un développement rapide de la production gazière russe ne sera possible que si Gazprom accorde aux producteurs indépendants un accès à ses gazoducs d’exportation, une mesure considérée avec réticence par les autorités russes.

M. Piebalgs remarque de son côté que pour l’Union européenne il est important que la Russie non seulement produise plus de gaz mais aussi qu’elle en consomme moins.

"Nous sommes prêts à coopérer avec elle dans le domaine des économies d’énergie et pour une meilleure utilisation de l’énergie", a dit M. Piebalgs sur la radio Echo de Moscou.

Le secrétaire américain à l’Energie Samuel Bodman encourage lui l’application des règles de marché dans le secteur énergétique russe pour augmenter l’offre d’énergie et faire pression sur la demande, une position promue également par les autres partenaires de la Russie.

Mais du point de vue des pays producteurs, "la sécurité énergétique n’est pas seulement une question de sécurité d’approvisionnement", ils "ont besoin de connaître la future demande d’énergie émanant des principaux pays consommateurs", a observé Adnan Shihab-Eldin, directeur de la recherche à l’OPEP, réclamant lui aussi une meilleure visibilité.

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