Le gaz butane en quête d’un nouveau souffle

Le gaz butane en quête d’un nouveau souffle

Produit hautement stratégique et social, la croissance moyenne attendue de la demande en butane est d’environ 5% par an en raison essentiellement de la progression démographique. En 2002, le tonnage a atteint 1,12 million de tonnes. En poids, le butane est classé en troisième position dans la consommation de produits pétroliers après le gasoil et le fuel. Il pèse un peu plus de 18% dans la consommation globale et ce grâce aux efforts continues de promouvoir ce produit en substitution du bois de feu dans les zones rurales. L’offre nationale est pourvue essentiellement à partir des importations, soit plus de 81% du total. La demande de ce produit, même si elle continue de progresser, affiche un net ralentissement dans sa croissance depuis 1997. «Alors que sur la période 1994-1996, la hausse moyenne par an était de 8%, elle n’est plus que de 4,8% sur la période 1997-2002», note la revue Energie & Stratégie dans son numéro d’avril 2003. Face aux grands enjeux de ce secteur, L’Etat vise en premier lieu la sécurisation de l’approvisionnement. En parallèle, réduire progressivement l’engagement financier dans le secteur via la Caisse de Compensation (1,9 milliard en 2002) tout en réduisant l’intervention de l’administration dans le suivi du secteur est l’objectif affiché. Aussi, mettre la distribution des bouteilles aux normes reconnues internationalement est une contrainte à surmonter. De leur côté, les sociétés de distribution de gaz butane proposent des solutions constituant de véritables réponses aux enjeux du secteur. Réussir la décompensation progressive du secteur dans un cadre structuré et équilibré entre Etat et les opérateurs est la principale proposition formulée. En plus, les professionnels comptent sur le soutien de l’administration pour renforcer la réglementation du secteur en matière de sécurité et du respect de la propriété des bouteilles. Aussi, la demande se fait autour du respect des engagements de l’Etat en ce qui concernant les détails de remboursement de la caisse de compensation. Enfin, les professionnels espèrent, dans chaque étape de la décompensation, augmenter le retour sur leurs capitaux investis. Pour réaliser ce projet, «seule une décompensation progressive de chaque étape de la filière selon un programme pré-établi permettra de répondre aux enjeux de l’Etat et des opérateurs» estiment les professionnels. Cette décompensation doit tenir compte à la fois d’un renforcement de la réglementation en vigueur et d’une refonte de la structure des prix. Les sociétés de distribution espèrent qu’à chaque étape de la décompensation, il convient de répartir les économies réalisées à 50/50 entre Etat et les opérateurs. Ces derniers se disent prêts à discuter dès maintenant des propositions mutuelles. En matière d’infrastructures, le Maroc a connu de lourds investissements pour cette activité. Sur la période 1995-2000, ce sont près de 2,7 milliards de DH qui ont été investis. Ainsi, le pays dispose de 5 terminaux, 32 centres emplisseurs et 30 millions de bouteilles en circulation, soit une bouteille par habitant. La distribution de butane est assurée par 17 sociétés dont 6 détiennent 80% de parts de marchés. Afin de mieux accompagner la progression de la consommation, le secteur devrait investir au moins 2 milliards de DH essentiellement dans les bouteilles de gaz, les centres de stockages et les moyens de transport.

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