Le Gaz butane, un produit de première nécessité

Au Maroc, la production des Gaz de pétrole liquéfiés (GPL), qui sont des sous-produits obtenus soit à partir du gaz naturel soit à l’issue du processus de raffinage du pétrole, ne répond qu’à 20 % des besoins nationaux en GPL. «Les 80 % restants sont importés de l’étranger », renseigne une étude de la BMCE Capital Bourse du mois de septembre 2003. Ainsi, le butane, considéré comme un produit à caractère social, bénéficie d’une réglementation particulière. Son prix de vente est administré par l’Etat qui détermine les prix d’achat des produits auprès des raffineries, soit les prix de reprise, et assure une marge fixe à tous les intervenants du secteur notamment les centres emplisseurs, les sociétés distributrices, les dépositaires et les détaillants. En revanche, le propane a été libéralisé à partir de 1995. En 2002, la consommation nationale de butane s’est fixée à 1,1 million de tonnes comparativement à 543 KT en 1990, soit un taux d’accroissement annuel moyen de l’ordre de 5,4 %. Pour sa part, le propane voit sa consommation progresser de façon moins soutenue sur la période 1990-2002, évoluant en dents de scie, avec un pic de 116 tonnes métriques en 2002 et un creux de 50 tonnes métriques en 1999. Le butane représente donc 90 % de la consommation marocaine de GPL du fait qu’il continue à bénéficier d’un niveau élevé de subventions étatiques, soit en moyenne 1 milliard de DH par an. « Au niveau de la distribution, le marché marocain du butane est contrôlé à hauteur de 60 % par trois opérateurs : Tissir Primagaz suivie de Shell et de Afriquia Gaz» estime la BMCE Capital Bourse.. Sur le marché marocain de propane, cinq opérateurs polarisent en 2002 plus de 95 % des ventes. Les sociétés les plus actives sont Afriquia Gaz, Vitigaz, Shell, Tissir Primagaz et Salam Gaz. « Cette situation ne devrait pas connaître de changements majeurs à moyen terme, du moins pour le segment butane » est-il précisé. En effet, en raison du maintien par les pouvoirs publics d’un système réglementaire administré, les différents opérateurs sont assurés d’une marge confortable et ne semblent être limités que par la taille du marché. « Toutefois, ce soutien devient de plus en plus pesant pour l’Etat, ce qui devrait l’amener à réfléchir à une autre formule, plus proche de la libéralisation du secteur », ajoutent les analystes. En revanche, pour le segment propane, la forte concurrence que se livrent les opérateurs tire vers le bas leurs marges. Ceci pourrait aboutir à une nouvelle configuration du secteur où ne subsisteraient que deux ou trois intervenants. Concernant le cadre réglementaire, les prix des GPL à la consommation étaient administrés par l’Etat jusqu’en 1995. Celui-ci déterminait les prix d’achat des produits auprès des raffineries, soit les prix de reprise, et assurait une marge fixe à tous les intervenants du secteur notamment les centres emplisseurs, les sociétés distributrices, les dépositaires et les détaillants. Depuis 1995, seul le butane, considéré comme étant un produit de première nécessité, est resté assujetti à cette réglementation. Les prix des charges conditionnées continuent donc à être régis par le ministère de l’Energie et des Mines, conformément à l’arrêté n° 2671-95 du 7 novembre 1995. Le prix de reprise du butane, qui est indexé sur les cours internationaux de la Place de Rotterdam, est ainsi calculé chaque mois par la direction de l’Energie et des Mines, impliquant des variations mensuelles des prix de vente des centres emplisseurs. La marge de ces derniers étant fixée par l’Etat. « En revanche, les sociétés de distribution, les dépositaires et les détaillants sont tenus de maintenir le prix de vente constant » tient à préciser la notre de recherche. La Caisse de compensation intervient, par le biais des subventions, pour figer les marges des différents intervenants.

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