Le Maghreb et la concurrence chinoise

Le Maghreb et la concurrence chinoise

Les reproches ne se sont pas faits rares. Les déclarations de bonnes intentions ont fusé. Les craintes sont les mêmes : la concurrence à laquelle s’opposent les pays du Maghreb et le risque de perdre encore plus des marchés dits traditionnels comme l’Europe. Tel a été l’esprit général dans lequel la Convention régionale sur le partenariat euro-méditerranéen s’est déroulée vendredi 7 novembre à Marseille. La première des craintes évoquée en marge de cet événement a été suscitée par la Chine. « La concurrence de la Chine est un danger pour le Maghreb ». « Elle est sérieuse et va s’amplifier. C’est François Loos, ministre français délégué au Commerce extérieur qui a tenu ces propos dans le journal marseillais « La Provence», proposant aux pays du Maghreb un «système de préférence». «Nous sommes favorables au développement de partenariats, nous voulons apporter aux pays du Maghreb un soutien important. Il faut que ces pays soient en état de pratiquer le libre-échange », a-t-il déclaré. Selon le ministre, l’Union européenne a proposé que des produits fabriqués au Maghreb puissent entrer chez elle sans droit de douane. « Mais pour que cela marche, a-t-il dit, une adhésion aux règles européennes est nécessaire». « Des progrès ont été accomplis, la mise au point se poursuit, des cibles ont été déterminées et un premier accord a été signé le 7 juillet dernier pour le textile qui est un sujet sensible », a-t-il ajouté. S’exprimant, cette fois, lors la Convention, François Loos a également insisté sur la nécessité pour les entreprises françaises de renforcer leur présence au Maghreb, estimant qu’il s’agit là d’un « enjeu collectif d’échanges». Le ministre a estimé que les chiffres de 1000 entreprises françaises présentes en Tunisie, de 700 au Maroc, et surtout de 150 en Algérie, restent insuffisants par rapport au chiffre de 122.000 entreprises exportatrices de l’Hexagone. Le ministre a annoncé à cet égard l’implantation prochaine à Marseille de structures de soutien et de promotion des exportations. Il s’agit de la délocalisation d’une partie de l’Agence française pour le développement international des entreprises, constituée par la fusion du Centre français du commerce extérieur (CFCE) et d’UbiFrance, connus l’un pour son soutien aux entreprises exportatrices, l’autre pour l’organisation des salons à l’étranger. De son côté, le secrétaire d’Etat français aux Affaires étrangères, Renaud Muselier a énuméré en particulier le projet d’une institution financière dédiée à l’Euromed, celui d’un Parlement consultatif et celui d’une Fondation culturelle euro-méditerranéenne. Il a souhaité voir ces objectifs atteints sous l’actuelle présidence italienne de l’UE. M. Muselier a également annoncé qu’il venait d’obtenir l’accord de l’ONUDI (Organisation des Nations unies pour le développement Industriel) à ouvrir un bureau à Marseille dédié à la coopération industrielle entre les deux rives. Cette annonce vient s’ajouter à celle de l’installation dans la même ville et dès le début de l’année prochaine d’un bureau de la Banque Mondiale, mais aussi, comme l’ont rappelé les intervenants, à une multitude d’oraganismes de mise en relation qui travaillent sur la Méditerranée, tels l’ANIMA (Aassociation des agences d’investissements des deux rives), l’ADECI (spécialisée dans le partenariat industriel), l’APEX (Association des entreprises exportatrices). La nécessité de l’intégration économique des pays de la rive sud de la Méditerranée, en particulier ceux du Maghreb, a été plusieurs fois soulignée dans les débats, notamment par le professeur tunisien Mohamed Lahouel, qui a affirmé, dans une déclaration à l’agence MAP, que « le processus de Barcelone sur le partenariat Euroméditerranéen a besoin du processus d’intégration d’Agadir, et vice-versa». M. Lahouel a appelé les autres pays de la rive sud de la Méditerranée qui ne sont pas partie de l’accord d’Agadir à joindre les quatre pays qui l’ont paraphé (Maroc, Tunisie, Egypte et Jordanie). Il a en outre plaidé en faveur de l’élargissement de l’accord d’Agadir aux produits agricoles et aux services, donnant pour exemple les nouvelles technologies de la communication où les prix pourraient être plus faibles si on libéralisait le secteur. S’inscrivant dans la lignée des précédentes organisées à Amman en 2002 et à Rabat en 2000, cette Convention, est conçue comme un lieu d’échanges, de témoignages et de propositions pour la réalisation du volet économique et commercial du processus de cette manifestation qui réunira des spécialistes des questions euro-méditerranéennes et du monde arabe dans les secteurs public et privé.

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