Le marché : À l’heure des comptes

L’impayé touche ces jours-ci les finances de tous les pans de notre économie, plus particulièrement ceux des secteurs bancaire et financier. À l’heure des comptes, responsables de banques et compagnies d’assurances se plaignent, en silence, de la persistance de ce fléau qui menace désormais leur existence même. Nombre d’établissements bancaires et compagnies d’assurances de la place se sont vu dans l’obligation d’assainir complètement leurs comptes en provisionnant des montants importants de créances en souffrance, qui ont, précisons-le, pesé considérablement sur leurs résultats nets. C’est le cas notamment du Crédit du Maroc. Mais ce n’est pas l’unique établissement bancaire qui est confronté à cette situation. D’autres banques ont frôlé la faillite.
Il s’agit du Crédit Immobilier et Hôtelier ainsi que la Société Marocaine de Dépôt et de Crédit. Plusieurs établissements déploient aujourd’hui d’énormes efforts pour recouvrer des créances en souffrances auprès de leurs clients. Face à ce fléau, qui prend des proportions de plus en plus inquiétantes, les autorités monétaires n’ont d’autre remède que d’édicter des règles prudentielles consistant en la provision, partielle ou totale, des encours en souffrance en fonction d’un horizon temporel défini. Les entités financières bancaires ou non, de leur part, mettent en place des méthodes de gestion des risques financiers notamment les risques crédits pour les banques. Les compagnies d’assurances décident d’un échéancier de paiement des primes souscrites auprès de leurs courtiers. En cas de litige, l’ensemble des établissements se voit obligés de recourir à la justice pour pouvoir récupérer sa mise.
D’aucuns estiment que si des banques continuent à afficher un taux de rentabilité stable, suivant le cas, depuis trois à quatre années, elles ne peuvent maintenir cette performance dans les années à venir.
Le stock d’encours constitué durant les années fastes est presque épuisé. La péréquation rendue possible jusqu’à aujourd’hui par les flux financiers d’encours à taux élevé ne sera plus valable face d’un côté, à la baisse continuelle des taux d’intérêt et la contraction des marges, d’un autre, des encours importants qui ne produisent pratiquement rien.
Comment faire alors pour contrecarrer efficacement ce mal qui risque à lui seul de mettre à genoux notre système financier ? Des spécialistes et des responsables de banques et de compagnies d’assurances qui suivent le dossier de très près s’accordent sur le fait qu’il n y a pas d’autre solution que de s’entourer au préalable de toutes les garanties nécessaires. Ce qui risque, à en croire leurs propos, de limiter considérablement les concours à l’économie.

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