Le marché : Au bout du gouffre

Les investisseurs étrangers sont loin de s’intéresser de nouveau à la bourse de Casablanca. Les institutionnels nationaux, petits et grands, hormis leurs participations stratégiques, se tournent de plus en plus vers les placements en bonds de trésor. Les petits porteurs, eux, sont toujours méfiants vis-à-vis du marché. D’aucuns se demandent aujourd’hui, qui investit ses fonds sur la place casablancaise ?
Suivant une logique bien chère aux financiers, tout le monde donne la même interprétation du marché. L’on peut avancer que ceux qui investissent aujourd’hui sont ceux qui l’interprètent d’une autre manière. Bien évidemment, plusieurs analystes financiers affirment qu’il ne s’agit pas là d’une stratégie d’investissement en contre-tendance. Loin s’en faut. Puisque celle-ci suppose d’abord qu’il y est des signes de reprise apparents et connus de tout le monde. Plus encore, que le marché soit efficient. En d’autres termes, qu’il réagit aux signaux de l’environnement financier et économique. Or, plusieurs estiment que les cours des valeurs se négocient avec des décotes souvent importantes, suivant les cas, ne reflétant guère les performances réelles des sociétés cotées.
Il semble aujourd’hui que la place casablancaise ne réagit qu’aux rumeurs. Les exemples en la matière font légion ces derniers temps. Le yo-yo du marché boursier traduit clairement l’hésitation des principaux acteurs pour sortir du gouffre. Jusque-là, les tentatives « très médiatisées » restent timides. Celles-ci n’entraînent pas l’engouement souhaité ni chez les grands, ni chez les petits. Faut-il pour autant désespérer ? Les avis sont partagés. Les plus optimistes cherchent difficilement à alimenter l’espoir, alors que les pessimistes tournent le dos à la bourse tout en cherchant d’autres opportunités. Ces derniers manquent de visibilité en dépit des discours entendus ici et là. Cela traduit par ailleurs l’état d’esprit qui règne chez les intervenants boursiers. À quelques exceptions près, ces derniers privilégient la politique des « coups » à la stratégie du moyen et du long terme. Il est certain qu’une telle démarche est loin de rétablir la confiance et permettre la reprise. Ce n’est qu’au moment où la communauté financière et économique s’attardera sérieusement sur les vrais problèmes structurels du marché financier marocain qu’on pourra s’offrir l’espoir.

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