Le marché : Crédit, danger !

«L’essentiel pour nous, c’est de pouvoir récupérer notre argent par tous les moyens » précisent d’emblée les responsables des sociétés de crédit à la consommation. La majorité d’entre eux admet que « la procédure en cas de cessation de paiement d’un crédit personnel est la même pour tous. Que la personne exerce encore son travail, ou qu’elle soit licenciée ou ayant perdu son poste à la suite de cessation d’activité ou la faillite d’une entreprise, la démarche est la même.
Généralement, pour une société de crédit à la consommation, un client est déclaré en cessation de paiement après trois à quatre échéances impayées. La procédure est identique à tous les clients. Il y a d’abord l’arrangement à l’amiable. Cela commence par la relance par téléphone pour aboutir au l’harcèlement. Ensuite, si le client ne se manifeste pas, un agent de la société lui rend visite à son domicile pour en savoir plus sur sa situation et lui proposer un re-échelonnement de son prêt. Mais le vrai but de cette visite est de pouvoir, à la manière d’un agent du fisc, évaluer les signes extérieurs de richesse. Après avoir employé tous ces moyens, la société de crédit à la consommation entame une poursuite judiciaire contre son client afin de récupérer sa mise. Passons.
Aujourd’hui, le poids du crédit à la consommation prend de plus en plus un poids important dans la vie des ménages marocains. Conséquence directe d’une nécessité grandissante de pouvoir satisfaire de nouveaux besoins de consommation, il est impossible de les combler dans l’immédiat sans recourir à un crédit personnel.
La politique macroéconomique restrictive de l’Etat qui ne favorise guère une augmentation du pouvoir d’achat intérieur, aidant, plusieurs ménages se retrouvent actuellement vivant avec moins de 30 % de leurs revenus. Ce taux minimum d’un salaire, qui devrait normalement rester à la disposition d’un ménage, ne peut être garanti pour l’instant suite à l’inexistence d’une base de données, commune à toutes les sociétés de crédit à la consommation et qui centralise les endettements. Il arrive que plusieurs clients se retrouvent confrontés à des situations ou ils ne peuvent plus répondre à ses engagements. Ceux qui suivent le dossier de prés se demandent aujourd’hui, s’il y a des moyens, autres que ceux qui sont en vigueur pour régler ce problème suivant les spécificités de chaque cas. Pour le moment, ni les pouvoirs publics ni les professionnels du secteur n’ont engagé une réflexion sérieuse à fin de mettre en place des mécanismes adaptés à ces situations.

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