Le marché : Doutes et inquiétudes

Trois facteurs ont fait reculer les marchés cette semaine : des indicateurs économiques moins brillants, la forte hausse du cours du pétrole et les incertitudes sur les résultats des entreprises. Le Dow Jones a reculé de 1,3%, le Nasdaq de 4,1%, Paris de 3,68% et Londres de 0,72%. Tokyo continue à faire cavalier seul avec une belle progression de 2,82%.
Aux Etats-Unis donc, l’indice ISM des directeurs d’achat du mois de mars progresse mais moins que ne l’espéraient les analystes. Les chiffres hebdomadaires du chômage du 30 mars sont, pour la première fois, depuis le mois de janvier supérieurs de 20% aux attentes des analystes : on a enregistré 460 000 nouveaux chômeurs, soit une hausse de 5,5 à 5,7%. Mais, en sens inverse, l’économie américaine a créé 58 000 emplois nouveaux. L’inflation en Europe suscite des inquiétudes : l’indice des prix de détail enregistre en mars une progression de 2,5%. On le voit, ces chiffres n’ont rien d’alarmant, ils sont en demi-teinte.
Quant au prix du pétrole, il enregistre une hausse de 25% en trente jours – flirtant avec les 28 dollars le baril avant de descendre sous les 27 dollars – après que Bush ait demandé à Sharon de retirer ses troupes de Palestine et que les pays exportateurs aient clairement fait savoir qu’ils ne se serviront pas de l’or noir comme arme politique. Mais, de toute façon, l’actuelle augmentation du baril risque d’obérer à une croissance que l’on sait modérée. Surtout qu’une reprise de l’inflation sous l’effet de la hausse du pétrole risque de précipiter une augmentation des taux d’intérêt. Troisième facteur, enfin, qui pèse sur la tendance : les incertitudes sur les bénéfices des entreprises au premier trimestre 2002. Les résultats commenceront à tomber aux Etats-Unis à partir du 15 avril. Ils sont attendus en baisse d’environ 1% mais devraient connaître une robuste progression de presque 10% au deuxième trimestre.
Comme à l’accoutumée, les valeurs les plus chahutées en période de doute sont les technologiques. Cette semaine, les sociétés de services informatiques et les éditeurs de logiciels ont particulièrement souffert. Les valeurs cycliques industrielles continuent à mieux se porter, témoins les anticipations optimistes de DuPont de Nemours. Les investisseurs continuent de privilégier une stratégie de stock picking.

Par Raphaël Mergui

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *