Le marché européen du Carbone prend son envol

Imaginé par les signataires du protocole de Kyoto, ce système vise à endiguer les émissions de CO2, un des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, en imposant des quotas aux pollueurs, mais en leur permettant d’acheter des droits d’émission à ceux qui polluent moins.

L’idée est d’arriver à contrôler le volume global d’émissions de dioxyde de carbone et à le réduire progressivement.

Début 2005, l’Union Européenne a ainsi mis en place un système d’échanges entre les Etats membres. Quelque 11.500 entreprises, représentant à elles seules la moitié des émissions de CO2 des 25 pays membres, sont concernées.

Powernext Carbon, bourse de quotas de CO2 lancée en juin à Paris, a atteint en janvier un volume record de 1,9 million de tonnes de CO2 négociées contre 1,3 million en décembre.

Un chiffre qui correspond à une moyenne quotidienne de 89.364 tonnes, soit une augmentation de plus de 163% par rapport à la moyenne quotidienne réalisée au cours des six premiers mois de fonctionnement de cette bourse.

"La mayonnaise est en train de prendre sur notre marché. Le marché du CO2 est sur une tendance haussière", estime Thierry Carol, directeur marketing et commercial de Powernext, la société qui gère Powernext Carbon.

Et "ce n’est qu’un début", assure-t-il. Cette bourse, qui a commencé à fonctionner avec six entreprises en juin, en compte trente-trois actuellement avec des industriels, comme le cimentier français Vicat, ou des banques agissant comme intermédiaires. "Nous avons un rythme de recrutement de trois ou quatre nouveaux membres par mois", précise M. Carol.

Car les entreprises qui dépassent leurs quotas d’émissions sont passibles d’une amende de 40 euros par tonne de CO2. Et cette pénalité ne les dispense pas de l’obligation de racheter sur le marché les droits manquants.

A partir de 2008, quand le protocole de Kyoto entrera dans sa deuxième phase, la pression va augmenter avec des amendes à 100 euros la tonne de CO2.

La forte croissance mondiale pourrait générer une pénurie de ces permis et doper leur prix, qui tournent actuellement autour de 26 euros la tonne de CO2, pénalisant les industriels les plus pollueurs.

L’idée de Kyoto est cependant d’inciter les industriels à investir dans les technologies propres afin d’éviter d’avoir à payer pour les pollutions excessives et obtenir éventuellement des permis d’émission pour les revendre à d’autres.

Ce protocole permet également à un pays industrialisé de s’affranchir d’une partie de ses obligations sur son territoire en faisant un investissement "propre" dans un pays en développement.

Le chimiste français Rhodia a monté un projet visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de son usine d’Onsan, en Corée du Sud. En échange, Rhodia recevra de l’agence des Nations Unies chargée de superviser ce type de projet un lot de crédits d’émission de CO2. Rhodia espère obtenir un autre lot pour un projet similaire au Brésil.

Et pour les entreprises qui hésitaient encore à investir, doutant du maintien du protocole de Kyoto après 2012, la conférence de Montréal sur les changements climatiques en décembre a clarifié les choses avec l’engagement des pays industriels pour l’après 2012.

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