Le marché : Faire amende honorable

La bourse des valeurs de Casablanca a perdu sur les trois dernières années près de 35% de sa valeur. La situation des deux nouveaux indices, s’enlisant encore plus dans le rouge, accusant jusqu’à aujourd’hui des bémols importants, fait craindre à la communauté boursière, le pire.
Certains pensent déjà que le marché est en train de vivre les prémisses d’un effondrement général des cours. D’autres s’accordent à affirmer qu’il est réellement en train de « foutre le camp ». Signe du sérieux de l’affaire, les situations financières des entreprises cotées, mais aussi celles y détenant de grosses participations, est mise à mal par la morosité dans laquelle baigne le marché. Aussi, l’incertitude qui pèse sur les perspectives de notre économie empire-t-elle encore plus cette situation.
Parmi ces entreprises, certaines voient leurs cours baisser pour atteindre un niveau en deçà de leur valeur d’introduction, d’autres en deçà de leur valeur comptable intrinsèque même ! Les intervenants financiers se mobilisent pour arrêter cette hémorragie qui, paraît-il, menace leur existence. Ils retranchent les manches puisque ce sont eux qui sont, disant le, à l’origine de cette quasi-faillite du marché. Selon un adage bien connu, « on est toujours puni par là où l’on a péché ». On peut comprendre que ces seigneurs de la finance veulent se ressaisir en se partageant aujourd’hui cette lourde responsabilité de relancer le marché. Les intérêts en jeu sont de taille. Non seulement ceux dont dépende leur existence mais aussi dont est tributaire notre économie. Les fonds engagés dans les prises de participation stratégiques mais aussi ceux qui ont été dilapidés pour soutenir leurs cours en bourse sont importants. Ils veulent tout essayer pour récupérer ces mises qui appartiennent à leurs actionnaires et à leurs clients.
Quelle stratégie adoptée pour rectifier le tir ? Une question qui taraude l’esprit des intervenants.
L’exercice, avouons-le, est difficile, douloureux même, puisqu’un marché ne se prête nullement au jeu des relations de cause à effet. L’expérience des pays les plus avancés pourrait être très utile. Les annales de la réorganisation des marchés français de l’argent sont intéressantes à plus d’un titre. Étant convaincu qu’un marché ne peut être dynamisé que par des faiseurs de marché disposant d’une situation financière solide, l’autorité de tutelle française a banni le monopole des sociétés de bourse, permettant aux banques d’exercer directement l’activité d’intermédiation. Ces dernières ont pris en charge cette activité, assurant l’animation du marché par des opérations pour leurs propres compte. Le placement en actions est devenu ainsi, au même titre que les placements de liquidités en obligations ou sur le marché interbancaire, une activité de marché quotidienne. Les autorités de tutelle françaises ont en face des groupes financiers, à la marque bien installée, tenues de respecter les règles du jeu, responsables devant elles de toutes les infractions commises. Ces groupes se plient aux règles par crainte de maculer cette marque.

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