Le marché financier marocain sous la loupe

Les  analystes du ministère de l’économie et des Finances réservent de grandes ambitions à notre système financier. Et comme le meilleur moyen de faire mieux c’est de se comparer au meilleur, le benchmark du système financier marocain, tracé par la Direction des études et prévisions financières ( DEPF), par rapport aux standards européens au-delà de faire le simple diagnostic du marché financier s’est montré plus que révélateur.
Objectivement, l’étude en question, élaborée sous le thème «pour une convergence accélérée vers les standards de l’Union Européenne», se veut le diagnostic poignant de la place financière. En effet, les analystes mettent en avant que «la comparaison avec les évolutions observées au niveau de certains pays émergents et en transition laisse entrevoir la persistance de certains gaps qui ne permettent pas à l’intermédiation financière dans notre pays de jouer pleinement son rôle de financement de l’économie».  Dans notre système financier, on ne se lasse pas de mettre en relief les avancées des banques en matière de prêts accordés. Ici, les analystes se sont basés sur le ratio de 72% représentant la part des prêts octroyés dans le PIB en 2007, pour souligner qu’il reste en deçà de ce qui est fait dans la zone euro ( 109,6%). Dans ce contexte, les raisons de cet écart résident dans «la sélectivité des établissements de crédits», puisque les banques s’inscrivent dans une logique de préservation du risque et font preuve de rude concurrence sur ce volet, ou alors se montrent réticentes lorsqu’il s’agit de financer le segment des PME.
«Aussi, la préférence du système financier pour l’investissement dans les titres de dette publiques, particulièrement liquides et dont la qualité de la signature assure un risque quasiment nul, constitue-t-elle un facteur explicatif additionnel», explique-t-on.  En ligne de mire, également, le marché boursier. Celui-ci a été commenté comme affichant «un degré de concentration élevé», si on prend en compte les dix premières entreprises cotées qui polarisent un peu plus de 90% de la capitalisation boursière globale. En fait, il est principalement reproché à la sphère boursière marocaine de ne pas occuper plus de place dans le PIB (97% en 2007), comparativement à d’autres pays de la région MENA et d’Asie émergente. Par ailleurs, passant en revue les indicateurs de stabilité et d’efficience des banques marocaines, la DEPF note que dans une conjoncture marquée par une montée de la concurrence entre les établissements bancaires, mais aussi une baisse importante des taux d’intérêts «qui exercent une pression sur les marges d’intermédiation, ces institutions  disposent encore de  marges suffisantes. Ces marges devraient leur permettre de maintenir leur niveau de rentabilité, «vu qu’une grande partie des dépôts collectés n’est pas rémunérée, tandis que les perspectives de développement d’activités bancaires non-traditionnelles seraient de nature à conforter leurs revenus», explique la même source.
Au vu des aspects qui l’entourent, le marché financier se voit ainsi contraint de soulever certains défis en vue de renforcer son positionnement et sa convergence.
Ainsi, tel que les cite la DEPF, il s’agit, d’abord d’intensifier la concurrence sur le marché bancaire en passant par la modernisation du système bancaire public et peut-être même son ouverture sur les capitaux étrangers. En second lieu, la liquidité du marché boursier marocain, nettement en dessous des autres références, a besoin d’être revue pour améliorer la profondeur du marché boursier.
Sur ce point, les analystes jugent que «l’excès de liquidité du système bancaire empêche en effet une détermination efficiente des prix», exerçant une pression négative sur le marché interbancaire,  et causant une faible activité sur le marché secondaire des titres obligataires «avec la prévalence d’un comportement de conservation des titres en portefeuille jusqu’à maturité».
Le troisième objectif que doit se fixer la finance marocaine, c’est celui de l’accélération de la conformité aux principes de Bâle II, sachant que «les instances de contrôle gagneraient en efficience en renforçant leur coordination sur le plan national  et en développant un système efficient d’informations sur le risque», souligne-t-on.

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