Le marché : Sur la bonne voie

«Ceux qui nient les erreurs de leur passé risquent de les répéter». Cette règle d’or constitue l’un des principaux fondements de toute stratégie de management réussie. La banque française Crédit Lyonnais, dont les exploits ont alimenté les annales des activités financières de la France tout au long des années quatre-vingt-dix, en sait quelque chose. Après avoir frôlé la faillite en début de la dernière décennie, l’établissement de Crédit Français a su redresser sa situation financière, relancer ses activités et hisser le niveau de ses pratiques financières au rang des banques internationales les plus performantes.
Aujourd’hui, le Crédit Lyonnais veut faire de sa filiale marocaine, la banque Crédit du Maroc, une petite fille bien disciplinée, au prix d’afficher un résultat net en recul de 43 %. Résultat plus décevant que toutes les prévisions des analystes financiers de la place.
Sérieux problème de rentabilité ou rappel à l’ordre et à la rigueur dans la gestion des activités de la banque ? Plusieurs analystes financiers soutiennent cette deuxième hypothèse. En effet, voilà maintenant près de deux années que l’établissement s’est engagé, sous l’initiative de sa maison-mère, dans un projet de réforme de toutes ses activités. À l’image de sa maison-mère, elle assainit ses comptes et se dote des outils adéquats de gestion de ses risques financiers. La maîtrise de ces variables, qui retiennent l’attention de tous les intervenants financiers (autorités de tutelle, agences de notation et analystes financiers), constitue en effet le seul gage de fiabilité de toute entité financière. À quoi bon avoir des encours importants mais très risqués qui ne produisent rien ? Les difficultés que rencontrent certaines banques marocaines reflètent clairement cette situation.
Concrètement, le PNB de l’établissement bancaire Crédit du Maroc s’est amélioré de 7,3 % à près de 984 millions de dirhams. Les dépôts de la clientèle ont progressé de 13,2 % à 13,8 milliards de dirhams, mais les crédits ont reculé de 2,9 % à 9 milliards de dirhams. Les dotations nettes aux provisions ont enregistré, pour leur part, un accroissement de 107 % à 229,6 millions de dirhams, dont 51 millions de dirhams concernent une provision pour risques généraux. Il apparaît clairement que les efforts de la banque sont orientés vers une meilleure maîtrise de ses risques financiers, seule voie de continuer sur le chemin de la réussite.
Telle mère, telle fille, cette fois-ci, la banque marocaine veut tirer les enseignements de ses erreurs de gestion du passé pour entamer une vraie relance à partir d’une assise financière solide.

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