Le marché : Un festival de hausses

Il y a de la reprise dans l’air ont, fredonné cette semaine les boursiers du monde entier. Les indices macroéconomiques sont encore mitigés, mais les investisseurs font mine de n’en retenir que les bons côtés. Aux Etats-Unis, l’estimation de croissance du quatrième trimestre a été revue à la hausse, bondissant de 0,2% à 1,4% en taux annuel.
Cette révision signifie que, techniquement, l’Amérique n’est jamais entrée en récession. En passant la barre psychologique des 50 points, l’indice de confiance des acheteurs de Chicago (ISM) a conforté ce vent d’optimisme. Le discours de mercredi d’Alan Greenspan était pourtant modéré. Oui, la croissance est bel et bien là, a affirmé l’ange gardien des marchés financiers. Mais elle restera modérée en 2002. A preuve, le moral des ménages américains fléchit alors que l’investissement des entreprises n’est pas encore en mesure de prendre le relais pour soutenir la croissance. Sans compter un dollar toujours arrogant qui risque de creuser le déficit extérieur américain et donc freiner la croissance.
L’Enronphobie semblant s’estomper, les investisseurs américains ont préféré ignorer la faible visibilité sur les profits des entreprises pour ne retenir que le bon taux de croissance. Le Nasdaq –indice des valeurs de croissance- s’est offert une belle envolée hebdomadaire de 4,53% alors que le Dow Jones -indice des valeurs plus classiques- signait une belle progression de 4,02%, semblant cette fois-ci camper fermement au-dessus de la barre des 10 000 points, à 10 368,8 exactement. En Europe, le schéma est quasiment identique.
Le moral des entreprises s’est très nettement redressé comme le montre l’IFO (indice de confiance) allemand. Par contre le moral des ménages évolue en sens inverse alors que l’inflation repointe le bout du nez (2,5% en France en taux annuel). Le DAX allemand bat tous les records avec une percée de 7,41% alors que le CAC français s’adjuge une robuste progression de 5,68%. Au Japon enfin, la politique antidéflationniste du gouvernement Koizumi –réglementation plus stricte des ventes à découvert, assouplissement de la politique monétaire de la Banque centrale – semble enfin produire ses effets.
Le taux de chômage a reculé pour la première fois en un an, baissant à 5,3% en janvier contre 5,5% en décembre 2001. Le Nikkei s’est donc offert une belle augmentation hebdomadaire de 4,40%, mais les analystes restent prudents. Ils craignent en effet que l’embellie nippone n’ait pour raison d’être que la volonté gouvernementale de doper artificiellement la Bourse avant la fin de l’exercice fiscal du 31 mars.
Au final, les boursiers sont heureux mais restent sur leurs gardes. Partout les volumes ont été plus fournis que d’habitude. Les technologies et les cycliques (comme les métaux et les valeurs industrielles) ont mené le bal, signifiant par-là que l’économie mondiale serait en début de cycle.

Par Raphaël Mergui
andaloo.com

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