Le marché : Une logique coûteuse

À la question : « quelle stratégie avez-vous l’intention de poursuivre pour gérer les capitaux propres cotés en bourse de votre groupe ? », un président, pour le moins qu’on puisse dire, très averti répond : «actuellement, en raison des contraintes de développement et de croissance qui s’imposent à notre groupe, c’est le dernier de mes soucis».
En présence des principaux représentants de la communauté boursière de la place casablancaise, réunis dans le cadre d’une réunion d’information portant sur la stratégie globale que poursuivra ce groupe durant cette année, l’auditoire n’a visiblement retenu que cette dernière déclaration. Et la réaction ne tardera pas à surgir du côté des faiseurs de notre place boursière. Ce qui n’était pas d’ailleurs sans conséquence, puisque leurs agitations ont fait dégringoler le cours sur la bourse, la tirant à son plus bas niveau depuis le début de l’année. L’effet poids de la capitalisation du groupe dans la capitalisation boursière globale a aussi joué pour que les cours s’effondrent rapidement. La bourse est toujours prise dans cette tourmente.
À la lumière de ces faits, il y a lieu de se demander si l’on assiste à une nouvelle logique de marché. Celle de la cause à effet ou celle des déclarations hâtives qui se répercute aussitôt sur le niveau des cours. Il n’en demeure pas moins que des chefs d’entreprise ont présenté leur plan stratégique en même temps que les résultats ; des entreprises qui ont affiché des performances, bonnes ou mauvaises, ainsi que des résultats en hausse ou en baisse. Sans grande surprise. L’effet résultat n’a pas joué pleinement. Que ce soit à la hausse ou à la baisse. Sinon tardivement. Il y avait toujours des boursicoteurs qui préfèrent soutenir telle ou telle valeur même si les performances de l’entreprise sont médiocres.
Que doit-on déduire de l’attitude affichée, tout au long de la semaine dernière, par certains boursicoteurs ? Notre marché boursier est-il vraiment « vivant » au point qu’une petite déclaration le fait chuter à ce niveau? Au-delà de tout effet de taille, c’est une affirmation que lancent beaucoup de dirigeants. Sans que rien ne se produise.
En admettant l’existence de paramètres que nous ignorons, en admettant également qu’il s’agit d’un marché qui ne réagisse qu’aux rumeurs et aux agitations d’une communauté inscrivant ses choix dans une logique de gain rapide, il n’en demeure pas moins que cette affaire remet sur le tapis des pratiques douteuses que l’on croyait révolues. C’est dire si l’opacité reste de mise…

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