Le Maroc à la traîne

La faible qualification de la main d’oeuvre constitue un obstacle majeur à la compétitivité internationale de beaucoup d’entreprises marocaines. Chez nous, la moitié de la population adulte est toujours analphabète. En 1999, le taux d’analphabétisme s’élevait à 52% par rapport à 30% en Tunisie, 15% en Turquie et moins de 10% dans la plupart des pays concurrents de l’Asie et de l’Europe de l’Est.
Une analyse comparative des facteurs “ressources humaines” et “productivité”, en tant qu’éléments de la compétitivité internationale, révèle des résultats faibles pour le Maroc.
Ce qui est encore plus grave, c’est que ce positionnement n’a pas changé depuis 1995, font remarquer les rédacteurs du rapport de l’Institut allemand de Développement. Il n’est donc pas surprenant que dans une étude de la Banque Mondiale sur les contraintes au développement des entreprises, les opérateurs ont placé, vers la fin des année 90, le problème de la qualification de leurs effectifs au deuxième rang de leurs préoccupations, directement après le comportement de l’administration publique et bien avant des problèmes tels que les arriérés de paiement de leur clientèle, de la demande insuffisante, de l’accès difficile au financement, le niveau élevé de taxation ou encore le faible développement de l’infrastructure.
Beaucoup d’entreprises marocaines souffrent aussi d’un manque de gestionnaires qualifiés. Il en résulte souvent un niveau insuffisant de la gestion technique et organisationnelle, ce qui explique d’ailleurs la demande plus élevée de techniciens et de techniciens spécialisés sur le marché du travail par rapport à celle d’autres diplômés. En outre, il reste à constater que, dans beaucoup d’entreprise familiales, les patrons pratiquent un mode de gestion à court terme, négligeant la planification de leurs besoins en main d’oeuvre qualifiée. Résultat : l’investissement alloué au développement des ressources humaines se retrouve largement réduit. Du coup, la capacité d’innovation prend un sérieux revers et l’adaptation aux nouvelles évolutions est sérieusement entamée. La mort lente de l’entreprise est alors enclenchée.

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