Le Maroc dépense plus qu’il ne gagne

Le Maroc dépense plus  qu’il ne gagne

La pente est difficile à remonter pour nos finances publiques. Cependant, bien que les dépenses du Maroc continuent à être supérieures à ses recettes, la balance a bien montré quelques timides signes de redressement au cours de 2014.

C’est ce qui se dégage du bulletin mensuel des statistiques des finances publiques publié conjointement par le ministère de l’économie et des finances et la Trésorerie générale du Royaume. Ainsi, les dépenses ordinaires seraient en légère hausse de 2% à fin novembre 2014 en comparaison avec les dépenses à la même période en 2013.

Cet écart serait le résultat du recul de 21,1% des émissions de la compensation qui passent de 42,6 milliards de dirhams à 33,6 milliards de dirhams en 2014, conjuguée à la hausse de 2,2% des dépenses de personnel, de 22,8% des dépenses des autres biens et services et de 9,4% des charges en intérêts de la dette.

Pour leur part, les dépenses d’investissement émises marquent une hausse de 9,9%, passant de 42,5 milliards de dirhams à fin novembre 2013 à 46,7 milliards de dirhams à fin novembre 2014. Aussi, le taux d’engagement global des dépenses ressort à 84% et le taux d’émission sur engagements à 88%, contre respectivement 78 et 87% un an auparavant.

S’agissant des recettes du Trésor, le bulletin relève une petite augmentation des recettes ordinaires de 2,5% provenant de quatre sources différentes. À savoir, en premier, la hausse des recettes douanières de 2,9% avec les droits de douane qui ont bondi de 1%, la TVA à l’importation qui s’est bonifiée de 1,1% et les Taxes intérieures de consommation (TIC) sur les produits énergétiques qui se sont accrues de 8,3%.

En second lieu, le bulletin signale une hausse des autres TIC avec une évolution de 3,1% en raison essentiellement de la hausse de la TIC sur les tabacs manufacturés de 5,4%. La troisième source serait la hausse de 3,2% de la fiscalité domestique avec l’IS en hausse de 7,7%, l’IR qui réalise un bond de 0,6%, la TVA à l’intérieur en recul de 7,4%, les droits d’enregistrement et timbre qui se boostent de 26,3% et les majorations de retard qui se rétractent de 26,7%.

En ce sens, le bulletin des statistiques des finances publiques explique que «la hausse des recettes de l’IS de 2,4 milliards de dirhams résulte notamment de l’IS retenu à la source à l’occasion de la cession d’une partie du capital de Maroc Telecom et de l’augmentation des versements effectués par certains gros contribuables (BCP, IAM,…), conjuguées à la baisse des versements effectués par d’autres gros contribuables (OCP, Bank Al-Maghrib, Agence de la conservation foncière, …)».

Enfin, la quatrième source des recettes fiscales est la baisse de 3,7% des recettes non fiscales résultant essentiellement de la diminution des recettes de monopole et des fonds de concours, conjuguée à la réalisation d’une recette de 2 milliards de dirhams représentant la cession des parts de l’Etat dans la Banque centrale populaire et de la rentrée de 332 millions de dirhams représentant la contribution au titre de la pêche.

Ainsi, le solde ordinaire du Trésor ressort, à fin novembre 2014, négatif de 17,4 milliards de dirhams contre un solde négatif de 17,8 milliards de dirhams à fin novembre 2013. Aussi, le déficit du Trésor ressort à 49,6 milliards de dirhams, compte tenu d’un solde positif de 14,4 milliards de dirhams dégagé par les comptes spéciaux du Trésor, contre un déficit du Trésor de 54,9 milliards de dirhams à fin novembre 2013 compte tenu d’un solde positif de 5,4 milliards de dirhams dégagé par les comptes spéciaux du Trésor.

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