Le Maroc est-il un pays touristique ?

Une anecdote. Une délégation ministérielle marocaine, menée par l’argentier du Royaume, en voyage au cours de cette année dans un État de l’Asie de Sud-est d’environ 4 millions d’habitants et d’une faible superficie était émerveillée par son dynamisme touristique. En effet, ce pays reçoit chaque année près de 5 fois le nombre de sa population. Un ministre se tourne alors vers Fathallah Oualalou en sa qualité de titulaire du portefeuille du tourisme : «Comment font-ils pour réussir là où on a du mal à marquer des points» ? Sourire entendu du super-ministre.
La conversation, loin de la langue de bois, s’engage sur le sujet. Comment font-ils ? Pas besoin de discours savants pour comprendre. La réalité crève les yeux : rues propres et animées, spectacles à tire-larigot, service impeccable, ambiance de fête, magasins fournis en divers produits…
La recette est simple : la valorisation des attraits plus l’animation= flux touristiques conséquents. Où en est le Maroc par rapport à cela ?. Le royaume, qui a du mal à franchir la barre des 3 millions de touristes, n’a pas su exploiter ses potentialités, énormes, en la matière.
Le pays est resté prisonnier d’une vision éculée de l’approche touristique doublée de problèmes liés à l’aménagement de l’espace et de l’absence sidérante d’une stratégie visible et à long terme. Il est vrai que les pouvoirs publics sont devenus plus conscients que par le passé de l’importance du tourisme dans l’économie nationale.
Beaucoup de chantiers furent lancés au cours de ces deux dernières années. La volonté y est. Mais elle n’est pas suffisante.
On ne s’improvise pas avec un pays à vocation touristique même si on en a les atouts naturels. On travaille ces derniers pour le devenir. Il ne suffit pas de décréter que le Maroc recevra dix millions de touristes en 2010 pour que ce pronostic soit réalisé.
S’il y a un domaine très fragile qui ne supporte pas les prévisions, c’est bel et bien celui des voyages. La preuve, les événements dramatiques du 11 septembre, inattendus, ont tout chamboulé dans le monde à commencer par la donne des loisirs. Que valent à l’aune de cette catastrophe planétaire nos augures triomphalistes ? Le pari des 10 millions tient-il toujours, ou bien faut-il revoir nos ambitions à la baisse ? Aucun responsable n’a jusqu’ici réagi sur cette question.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *