Le Maroc moins compétitif

Le Maroc moins compétitif

C’est une tradition. Depuis 1979, le Forum Economique Mondial rend plublic annuellement un rapport détaillé sur la compétitivité. Ce rapport est considéré comme l’une des sources les plus fiables en matière d’information sur la compétitivité dans le monde. Il compare les forces et les faiblesses d’une centaine d’économies nationales, aussi bien celles des pays industrialisés que celles des pays en voie de développement. Le dernier en date, pour l’année 2003, établi à l’issue du sommet de Genève donne une situation contrastée du Maroc. Par rapport au classement de l’année dernière, le Royaume a perdu neuf rangs, passant de la 52e à la 61e place. Points fort du Maroc: un environnement des affaires relativement bon et un bon indice de pénétration de la technologie meilleur que ceux de beaucoup de pays à niveau comparable. En revanche, en ce qui concerne d’autres facteurs, comme le service public, il y a encore beaucoup à faire. Signalons que pour le critère de la compétitivité du milieu privé (Business Competitiveness Index Ranking), le Maroc (48e), n’est devancé en Afrique que par deux pays, la Tunisie et l’Afrique du Sud. Dans le classement général, le Maroc est devancé en Afrique par le Bostwana, (36e), premier pays africain en tête de ce classement, la Tunisie (38e), l’Afrique du Sud (42e), l’Ile Maurice (46e ), la Namibie (52e), la Gambie (55e ) et l’Egypte (58e). Malgré son bon placement, le Bostwana est handicapé par ses mauvaises performances technologiques. Ce classement principal (Growth Competitiveness Index) renseigne sur le potentiel de croissance de l’économie d’un pays dans les cinq à huit prochaines années, calculé à partir de trois variables (capacité technologique, efficacité des institutions publiques et environnement macroéconomique). En haut de ce classement de la compétitivité qui tient en compte plusieurs facteurs, dont la performance des institutions publiques, l’indice de transfert de technologie, l’environnement macroéconomique, on retrouve les pays scandinaves qui se classent dans les neuf premières places du palmarès principal, dans la liste des 102 pays qui ont fait l’objet de l’étude. La Finlande présente les meilleurs atouts au regard des critères reconnus, devançant les USA. Depuis trois ans, ces deux pays se partagent la première place. Supplantée l’année dernière, la Finlande réoccupe de nouveau la première place grâce à ses services publics et ses industries de haute technologie. A l’image de la plupart des pays européens, la France, classée en 26e position, a amélioré son classement 2003 grâce à un changement de critères, qui tiennent compte de l’état des dépenses publiques. L’Hexagone a gagné deux places par rapport au classement de l’année dernière, malgré un environnement macroéconomique dégradé mais avec de bons scores sur les institutions publiques et la technologie. La Suisse est en tête des pays d’Europe Occidentale (7e ), en recul de deux places, devant les Pays-Bas (12e), l’Allemagne (13e) et le Royaume- Uni (15e). D’autres pays du vieux continent ont chuté lourdement : cas de l’Irlande, qui recule de la 23e à la 30e place à cause de ses mauvaises performances économiques. C’est aussi le cas de l’Italie qui, de la 33e place l’année dernière, traîne désormais à la 41e position accusant une chute générale de ses performances sur les critères pris en considération. L’avis du WEF sur les huit pays d’Europe centrale et de l’Est devant adhérer à l’Union européenne est favorable, à l’instar de l’Estonie (22e) qui a gagné cinq places. Le WEF estime que certains de ces pays pourraient rejoindre les rangs des économies les plus compétitives « à moyen terme ». Ces pays, souligne le Forum, ont « appliqué des réformes structurelles de grande ampleur » en un temps record. L’Asie est aussi en pleine effervescence. Taiwan et Singapour, respectivement en 5e et 6e position, sont les mieux classés dans ce continent. L’avancée de la Corée du Sud de la 21e à la 18e place est à mettre à l’actif des améliorations macroéconomiques, du regain de confiance du public dans les dirigeants politiques,d’ une meilleure répartition des fonds publics et d’ une hausse remarquable des performances technologiques, »souligne le WEF. Les critères pris en considération sont parfois en contradiction avec les croissances des PIB. La Chine, l’une des meilleures progressions économiques ces dernières années, a perdu onze places,en raison « d’une dégradation spectaculaire de la qualité perçue des institutions publiques ». Le Japon revient en douceur , à la 11e place gagnant cinq places. En Amérique Latine, c’est le statu quo. Le chili (28e) reste toujours le pays le plus compétitif dans cette région, mais il est pénalisé par une mauvaise gestion des fonds publics et une forte baisse de la confiance dans ses responsables politiques. Aussi bien l’Argentine (78) que le Brésil (54e) sont en remontée spectaculaire dans le classement, cela malgré la crise financière qu’ils traversent. Trois pays africains, l’Angola, le Tchad et Haïti, ferment la marche.

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