Le Maroc n’a pas trahi la confiance du FMI

Le Maroc  n’a pas trahi  la confiance  du FMI

Décidément, le Maroc n’a pas déçu le FMI. Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé, vendredi 6 février, la première revue des résultats économiques que le Maroc a obtenus dans le cadre du programme appuyé par l’accord de 24 mois au titre de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL).

Une réunion que Naoyuki Shinohara, directeur général adjoint du FMI et président par intérim du conseil d’administration, a commentée en ces termes : «En dépit des vents contraires en provenance de l’environnement extérieur, l’action résolue des autorités a contribué à rééquilibrer l’économie marocaine et à réduire la vulnérabilité budgétaire et extérieure».

De ce fait, cette première revue vient reconfirmer l’éligibilité du Maroc à la LPL. À noter que cette ligne a été créée pour répondre avec plus de souplesse aux besoins de liquidité des pays membres du FMI dont l’économie est foncièrement solide et qui ont fait leurs preuves en appliquant une politique économique avisée, mais qui restent exposés à certains facteurs de vulnérabilité.

À ce titre, M. Shinohara a fait remarquer que dans le cas du Maroc, «il subsiste des risques extérieurs considérables, et il est essentiel d’exécuter les réformes de manière soutenue pour consolider la stabilité macroéconomique, ainsi qu’accélérer la croissance et mieux en partager les bienfaits». Par ailleurs, il n’a pas manqué de relever que «l’accord au titre de la LPL, que les autorités marocaines considèrent comme un accord de précaution, a contribué aux efforts qu’elles ont déployés en offrant une assurance contre les risques extérieurs».

Ainsi, M. Shinohara a salué les efforts déployés par notre pays pour reconstituer ses marges macroéconomiques et les progrès accomplis en matière des réformes structurelles visant à assurer une croissance forte, durable et inclusive. «Le déficit budgétaire a diminué en 2014, pour atteindre 4,9% du PIB, soit l’objectif fixé par les autorités. Des progrès louables ont été réalisés dans la réforme des subventions, avec l’élimination des subventions à tous les produits pétroliers liquides, tandis que l’aide accordée aux populations les plus vulnérables a été accrue», a constaté le directeur général adjoint du FMI.

Et de poursuivre : «La nouvelle loi organique relative à la loi de Finances devrait renforcer le cadre budgétaire lorsque les commentaires du Conseil constitutionnel auront été pris en compte». Pour lui, à ce stade, il devient «urgent d’opérer la réforme paramétrique du régime de retraite public pour en assurer la viabilité. Il est important aussi de poursuivre la réforme fiscale pour accroître la contribution du secteur budgétaire à la croissance».

En gros, M. Shinohara invite le Maroc à poursuivre le train de réformes en vue de consolider sa stabilité macroéconomique et soutenir sa croissance qui devient plus forte et plus inclusive.

La recette du FMI pour rester sur la bonne voie

Le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a reconfirmé, lors de sa réunion tenue le vendredi 6 février 2015, l’éligibilité du Maroc à la Ligne de précaution et de liquidité (LPL), suite à la première revue, conduite par les services du FMI en novembre dernier, de cette ligne dont l’accord a été conclu en juillet 2014.

Ainsi, à la suite des débats du conseil d’administration sur le Maroc, Naoyuki Shinohara, directeur général adjoint du FMI et président par intérim du conseil d’administration, a relevé que «le déficit des transactions extérieures courantes du Maroc s’est contracté sensiblement en 2014, tandis que les réserves de change ont augmenté, profitant principalement de l’expansion des secteurs exportateurs développés récemment et d’une évolution favorable des termes de l’échange après la baisse des prix internationaux du pétrole».

Cependant selon lui, «afin de pérenniser ces gains, il reste prioritaire d’exécuter des réformes structurelles visant à rehausser la compétitivité. Un assouplissement du régime de change serait utile aussi. De son côté, le climat des affaires s’est amélioré, mais il reste beaucoup à faire pour améliorer la transparence et la gouvernance. De même, la nouvelle loi bancaire vient à point nommé pour pérenniser la solidité du secteur bancaire. Aussi, il convient de continuer de réformer le marché du travail pour faire reculer le chômage».

LPL : Le Maroc éligible depuis 2012…

L’accord au titre de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) a été approuvé en juillet 2014 pour un montant équivalent à 3,23 milliards de droit de tirage spécial (DTS) (ndrl, une monnaie artificielle créée par le FMI qui permet aux membres du Fonds de compléter leurs réserves existantes). Cette somme est équivalente à environ 5 milliards de dollars, ou 550% de la quote-part du Maroc au FMI. L’accès au titre de l’accord est de 2,9 milliards de DTS, soit environ 4,5 milliards de dollars la première année, pour atteindre un montant cumulé de 5 milliards de dollars la deuxième année. Le premier accord biennal LPL en faveur du Maroc avait été approuvé le 2 août 2012.

Les autorités marocaines ont déclaré qu’elles considéreront cet accord comme un accord de précaution, comme elles l’avaient fait avec l’accord LPL de 2012, et qu’elles n’ont pas l’intention d’effectuer de tirage au titre de l’accord à moins que le pays soit confronté à un besoin de financement de la balance des paiements à cause d’une détérioration notable des conditions extérieures.

À noter que la LPL avait été mise en place par le FMI en 2011 de manière à répondre plus souplement aux besoins de liquidités des pays membres qui affichent des paramètres économiques fondamentaux solides et de bons antécédents en matière d’exécution de la politique économique, mais qui restent vulnérables.

 

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