Le Maroc plutôt épargné

Les conséquences économiques succédant aux événements du 11 septembre dernier continuent à alimenter les réflexions des observateurs du monde entier. Pour leur part, les experts de le Commission européenne ont élaboré un rapport intitulé « Euromed Report », dans sa cinquantaine édition, qui dresse un bilan des effets de cette crise, notamment au niveau du pourtour méditerranéen. Ils ne manquent pas de rappeler que le contexte économique qui prévalait dès lors était déterminé par « la récession mondiale de 2001 et le déficit chronique de croissance dans la région méditerranéenne ».
En effet, bien avant les malheureux événements, les économies de la région affichaient des performances économiques modestes. Les chiffres sont là pour en témoigner. Le document précise que « de 1990 à 2000, la croissance économique s’est élevée en moyenne de 2,3% pour le Maghreb et 2% pour le Machrek». Pour sa part, la croissance démographique reste importante et le revenu par tête a progressé en moyenne de 0,3% par an pour le Maghreb. Par ailleurs, les effets immédiats de l’impact du 11 septembre ont particulièrement été ressentis sur les secteurs du tourisme, des transports et des transferts des revenus des travailleurs migrants.
Généralement, soulignent les observateurs de l’Union européenne, « les recettes des transferts représentent des masses financières très élevées, qui, pour certains pays, dépassent les recettes pourtant très importantes du tourisme ». En étayant cette conclusion, il apparaît que, rapportées au PIB, ces recettes, sur une moyenne établie entre 1998 et 2000, enregistrent un taux de 4,2% du PIB en Egypte, 5,7% pour le Maroc, 4,1% pour la Tunisie et 20,7% pour la Jordanie. Suite aux événements et en comparaison avec l’année 2001, des progressions sont relevées dans certains pays. C’est ainsi que le taux d’augmentation pour la Tunisie est de 7%, et de 48% pour le Maroc. Le rapport précise au sujet du Royaume que ce taux « comprend la conversion en des soldes de devises européennes suite à l’introduction de l’euro ». Par ailleurs, le même support rapporte qu’en dehors des activités du tourisme et du transport aérien, les ondes de l’impact du 11 septembre ne furent pas des plus puissantes.
En effet, les flux touristiques ont diminué entre 15 et 20%. Puis la reprise a atteint des niveaux de recettes en devises dépassant même de 22% les seuils enregistrés en 2000. Quant au transport aérien, il a connu un ralentissement aggravé par le récent renflouement par l’Etat de la Royal Air Maroc. Malgré la réduction de croissance, les équilibres macro-économiques ne se sont pas trouvés atteints. Avec une moyenne de 1,7% entre 1995 et 2000, la croissance a affiché un taux de 0,8% en 2000 (sécheresse), puis un taux exceptionnel en 2001 avec plus 6,1%. Sur le plan externe, cette fois-ci, les réserves de change, issues de la privatisation de Maroc Télécom, en 2002, la croissance devrait atteindre 4,3%, indique-t-on de même source.

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