Le Maroc relégué à la 130ème place

Le Maroc relégué à la 130ème place

De la 126ème place, le Maroc a été relégué cette année à la 130 ème place sur le baromètre de l’Indice du développement humain (IDH). Soit quatre points de moins en une année. Le rapport mondial sur le développement humain 2009 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), rendu public hier matin, a classé le Maroc parmi les pays qui ont connu un développement humain moyen. À la 130ème place mondiale, le Maroc est dépassé de loin par la Tunisie au 98ème rang, l’Algérie (104ème), l’Egypte (123ème), le Botswana (125ème) et l’Afrique du Sud (129ème). La Norvège reste à la tête du palmarès puisqu’elle occupe encore la première place dans l’IDH. Dans le monde arabe, le Koweït (31ème), le Qatar (33ème) et les Emirats arabes unis (35ème) sont les pays les mieux placés. Le rapport mondial sur le développement humain 2009 a été critiqué par le gouvernement marocain avant même sa publication. En septembre dernier, le Maroc a dit haut et fort qu’il est contre le recours aux données statistiques anciennes, lors d’un entretien entre Taïeb Fassi Fihri, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, et Mourad Wahba, représentant du PNUD au Maroc.
Les indicateurs utilisés par le PNUD sont basés uniquement sur trois indices, à savoir le PIB par tête d’habitant, l’éducation avec un accent particulier sur l’alphabétisation, et la santé mesurée exclusivement à l’aune de l’espérance de vie à la naissance. Pour M. Fassi Fihri, ces critères sont restrictifs et ne permettent guère d’apprécier, à sa juste valeur, le caractère dynamique de la société marocaine.
M. Fassi Fihri a fait observer aussi que le recours à des données statistiques anciennes fausse la pertinence du rapport et amplifie son déphasage avec la réalité vécue sur le terrain, annihilant ainsi les progrès réalisés par le Royaume dans plusieurs secteurs. Malheureusement, le rapport sur le développement humain dans le monde, qui paraîtra prochainement, est établi à partir de chiffres obsolètes de 2007, ayant fait l’objet de réserves antérieures, selon la même source.
Sur la même longueur d’ondes, Ahmed Lahlimi Alami, Haut commissaire au Plan, a saisi la semaine dernière l’occasion de la tenue du 26ème Congrès international de la population, pour appeler les pays en voie de développement (PVD) à adhérer au dialogue inauguré par le Maroc avec le PNUD sur l’IDH. Ceci en vue de revoir ses composantes qui ne couvrent pas l’ensemble des déterminants du développement humain.


Comment calcule-t-on l’IDH ?


L’IDH établit un minimum et un maximum pour chaque dimension, appelés balises, et indique ensuite la situation de chaque pays par rapport à ces dernières (dont la valeur varie entre 0 et 1). La composante éducative de l’IDH est constituée des taux d’alphabétisation des adultes et des ratios bruts d’inscription dans l’enseignement primaire, secondaire et tertiaire combinés, le tout pondéré de manière à donner plus d’importance au degré d’alphabétisation des adultes, selon le PNUD. Étant donné que le taux minimum d’alphabétisation des adultes est de 0% et le maximum de 100%, la composante alphabétisation du savoir pour un pays dont le taux d’alphabétisation s’élèverait à 75% serait de 0,75. La statistique du ratio brut d’inscription combiné est calculée de la même manière. La composante espérance de vie de l’IDH étant calculée sur la base d’une valeur minimum de 25 ans et maximum de 85 ans, la composante longévité pour un pays dont l’espérance de vie s’élèverait à 55 ans serait de 0.5. Pour la composante richesse, la balise du revenu minimum est de 100$ et celle du revenu maximum de 40 000$. L’IDH utilise le logarithme de revenu, afin de refléter l’importance décroissante du revenu avec l’augmentation du PIB. On établit ensuite la moyenne des scores des trois composantes de l’IDH dans un indicateur global.

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