Le Maroc tient tête au spectre du 11 Mars

Le Maroc tient tête au spectre du 11 Mars

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, la banalisation du terrorisme a tendance à estomper ses effets sur le tourisme. C’est l’avis de Jean François Rial, PDG du tour opérateur Voyageurs du Monde. Selon lui, après le 11 septembre, les réservations ont cessé tout d’un coup sur tous les pays du monde et le trafic aérien s’est écroulé. Mais, avec la multiplication des attentats, on assiste de plus en plus à un changement de donne. Les économistes pensent que les attentats de Madrid ne devraient pas provoquer le même traumatisme que ceux qui ont eu lieu à New York ou auparavant en Turquie et en Egypte. Les attentats font désormais partie de l’environnement économique permanent. Ce qui s’est passé à Madrid rentre dans un environnement général que les voyageurs ont appris à prendre en compte.
Dans cette optique, les destinations lourdes redémarrent de nouveau. C’est le cas du Maroc où le marché français a bien réagi après le 11 mars. La destination Maroc n’a pas subi de grandes érosions. «Au niveau de la clientèle française, nous avons enregistré très peu d’annulations», a déclaré Jean Jacques Boucher, directeur général du voyagiste Fram Orange Maroc. Il n’y a donc pas de souci à se faire à ce niveau. «Visiblement, poursuit-il, le marché français et le marché national forment un duo de choc». C’est aussi l’avis de Kamal Bensouda, directeur général de la SOTORAM, chaîne d’hôtels de la Royal Air Maroc. «Le marché français reste lourd pour Marrakech avec un poids supérieur à 50% de nos arrivées». Et d’ajouter: «La clientèle individuelle n’est pas touchée mais les congrès et les séminaires des entreprises ont été annulés pour le moment sur le segment des hôtels 4 et 5 étoiles».
Mais, malgré ces attentats de Madrid, et l’implication de quelques Marocains dans l’affaire,«le Royaume continue de recevoir des touristes espagnols dans la quiétude et la sérénité». Pour M Bensouda, cela serait dû à l’attitude politique de l’Espagne qui a refusé l’amalgame et qui a appelé au renforcement de ses relations avec le Maroc. Cette attitude a pu limiter les effets de ces incidents sur les relations maroco-espagnoles.
En dépit de toutes ces perturbations provoquées entre autres par les différents attentats qui ont eu lieu ces dernières années, Le Maroc reste bien coté. La croissance des arrivées depuis novembre dernier éloigne le pays de la dépression des années 2002 et 2003. Mais cela n’empêche pas, selon les hôteliers, de rester vigilant et mobilisé sur les marchés émetteurs, marchés où la concurrence se fait rude. Certains professionnels pensent que dans ce climat incertain, la communication a son mot à dire. Dans une de ses déclarations au journal «Le Monde», René Mark Chikli, président du Ceto, qui regroupe 80% des voyagistes français s’est montré optimiste pour le Maroc. «Malgré l’attentat de Casablanca, le Maroc a vu le nombre de ses visiteurs augmenter de 12% en 2003, alors qu’après les attentats de Djerba et la communication floue des autorités de Tunis, la Tunisie a vu sa fréquentation chuter de 16%».
Concernant les pronostics sur l’évolution de l’activité touristique au Maroc, Kamal Bensouda a tenu à rappeler que «l’année 2004 devrait permettre d’afficher un retour vers la croissance, même si celle ci sera «mitigée». Aussi, c’est au départ des marchés émetteurs à contre performance que le ministère du tourisme devra vraiment muscler sa démarche et faire preuve de créativité pour retrouver les chiffres des années 2000 et 2001». En tout cas, comme l’ont affirmé plusieurs professionnels, la relance ne pourra se faire qu’avec un retour en force des marchés allemand et italien qui ont atteint des niveaux de baisse dramatiques. En effet, entre 1998 et 2003, les arrivées à partir de l’Allemagne ont reculé de 43%, soit prés de 100.000 touristes. Mais cette crise ne tardera pas à être dépasséé. En attendant, le Maroc pourrait compter sur la France, son plus gros pourvoyeur de touristes bon an mal an.

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