Le Maroc veut moins dépendre du pétrole

Le Maroc veut moins dépendre du pétrole

C’est dans ce cadre que la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), qui relève du ministère des Finances et de la Privatisation, vient de rendre public un rapport sur le secteur. Cette étude emboîte le pas à celle du Haut Commissariat au Plan publiée fin janvier, et qui analysait l’impact d’un changement de l’imposition fiscale des produits distillés sur la compétitivité de l’économie marocaine.
Ces études mettent en évidence la vulnérabilité du Maroc à des facteurs exogènes qui échappent à tout contrôle. La conjoncture du secteur au niveau mondial a été caractérisée depuis un certain temps par une volatilité accrue des prix du brut, associée à des prix records.
Plusieurs observateurs pensent que les prix actuels sont structurels et devraient perdurer. Le baril du brut (159 litres) a atteint un record historique de 68,89 dollars le 30 août 2005 sur le marché de Londres. Ces records s’expliquent par la conjonction de plusieurs facteurs, notamment certaines faiblesses relatives au secteur de l’extraction et du raffinage. L’instabilité politique au Proche-Orient, qui concentre la majorité des réserves mondiales, est aussi pointée du doigt.
Dans ce contexte, le Maroc reste très vulnérable. En effet, le pays ne dispose pas de ressources pétrolières majeures (à peine 50.000 tonnes équivalent pétrole par an extraites en 2004) et se trouve obligé de recourir aux importations. En 2005, le pays a importé pour 24 milliards de dirhams de pétrole brut, contre un peu plus de 14 milliards en 2004, soit une augmentation significative de 65%. Cette augmentation est due essentiellement aux prix élevés étant donné que les volumes n’ont augmenté que de 16% sur la même période. L’Office des Changes note dans son rapport de décembre que «les produits énergétiques occupent pour la première fois la première place parmi les groupes de produits à l’importation, et leur accroissement (…) constitue 62,6% de l’accroissement global des importations». Dans ce contexte, le rapport de la DEPF préconise plusieurs mesures de reforme. S’inspirant des efforts déployés en Occident, il propose une rationalisation de la consommation à travers, essentiellement, une approche de sensibilisation. La diversification des sources d’énergie ainsi que le développement des énergies renouvelables devraient aussi êtres considérés, avec une importance particulière accordée au gaz naturel.
L’analyse la plus pertinente reste, cependant, celle accordée au secteur de l’exploration et de l’extraction. Le Code des hydrocarbures adopté en 2004 a, indique-t-on, donné une nouvelle impulsion au secteur. C’est ainsi que 19 sociétés d’envergure internationales opèrent actuellement au Maroc, ce qui prouve que le pays recèle un potentiel important. La découverte récente de ressources au large des côtes de la Mauritanie étant de bon augure.
L’outil de raffinage au Maroc, constitué par l’unique société de raffinage Samir, est en cours de mise à niveau. La société avait signé le 20 décembre 2004 avec le gouvernement une convention d’investissement d’un total de 6 milliards de dirhams, et qui devrait, d’ici à 2008, d’augmenter sa capacité de raffinage et améliorer la qualité de ses produits distillés. Les deux raffineries de Mohammedia et Sidi-Kacem exploitées par la Samir ont une capacité annuelle de raffinage de 6 et 1,25 million de tonnes respectivement.

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