Le Nobel d’économie à l’Américain Edmund Phelps

Le prix Nobel d’économie a été décerné lundi à l’Américain Edmund S. Phelps pour avoir démontré que la priorité donnée à une politique anti-inflationniste avait des effets bénéfiques à long terme sur la croissance. Son travail à la fin des années 60 sur les arbitrages de politique macroéconomique a permis d’«approfondir notre compréhension des relations entre effets à court et long termes», a indiqué l’Académie royale suédoise des sciences dans ses attendus.
«J’espérais avoir ce prix mais je ne savais pas quand. J’ignorais si je l’aurais, à l’âge de 60, de 70 , ou de 80 ans…», a déclaré le professeur âgé de 73 ans. Phelps, professeur d’économie à l’Université de Columbia de New York, recevra le prix doté de 10 millions de couronnes suédoises (environ 1,1 million d’euros) le 10 décembre prochain à Stockholm. «C’est un grand modernisateur de la pensée de Keynes» (économiste britannique John Maynard Keynes), a commenté Xavier Timbaud, directeur du département Analyse et Prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), auquel M. Phelps est associé. Selon lui, il a contribué à donner des fondements théoriques aux intuitions de Keynes en matière de politique économique. Néo-keynésien favorable à un certain degré d’intervention des pouvoirs publics dans l’économie, et opposé à la seule régulation par les marchés, M. Phelps a, en outre, montré en quoi la politique économique avait un intérêt. «Par rapport aux économistes néo-classiques qui souvent énoncent un théorème d’impossibilité il n’est pas possible de faire mieux que le marché, Phelps a suivi une voie de recherche complètement différente qui consiste à montrer qu’il fallait compléter le marché par la politique économique», souligne M. Timbaud.

Delphine Touitou (AFP)

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