Le pessimisme économique s’accroît

Le pessimisme économique s’accroît

Le sentiment économique s’est encore dégradé dans la zone euro en mars pour tomber à un nouveau plus bas historique, tout comme les anticipations inflationnistes des ménages et des entreprises, montrent les enquêtes publiées lundi par la Commission européenne. L’indice du sentiment économique dans les 16 pays utilisant l’euro est tombé à 64,6 contre 65,3 en février, alors que le marché anticipait un léger rebond à 65,5. Il s’agit du plus mauvais résultat de cette enquête depuis sa création en 1985.
Le sentiment dans l’industrie affiche un plus bas de -38 contre -36 le mois dernier, celui des services a chuté à -25 contre -24 et le moral des consommateurs a atteint un nouveau plus bas record à -34 contre -33. Toutes ces composantes sont plus mauvaises qu’attendu, ce qui pourrait favoriser une nouvelle baisse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) à l’issue de sa réunion de jeudi. Les analystes s’attendent à une baisse comprise entre 50 points de base et un point de pourcentage. «Puisqu’il y a une forte corrélation entre l’indice et l’évolution du PIB réel en rythme annuel, les résultats d’aujourd’hui laissent penser que l’économie de la zone euro s’est contractée d’approximativement 2% d’un trimestre sur l’autre au cours des trois premiers mois de l’année», estime Christoph Weil, économiste à Commerzbank. «Le fait que l’économie de la zone euro ait continué à se contracter au début de l’année va forcer la BCE à réduire jeudi son principal taux d’intérêt de 50 points de base à 1% et à envisager des mesures supplémentaires non orthodoxes», ajoute-t-il.
Le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro s’est contracté de 1,5% au quatrième trimestre 2008 par rapport au trimestre précédent. Les économistes estiment qu’il devrait poursuivre son repli, mais à un rythme plus lent, au deuxième trimestre de cette année. Les anticipations en matière d’inflation sont par ailleurs en net repli: l’indice des anticipations des ménages calculé par la Commission ressort à 1,0, son plus bas niveau historique, contre 5 en février. Parmi les entreprises, le baromètre des anticipations en matière de prix de vente a chuté à -14 contre -11, là encore au plus bas depuis 1990. «En révélant que les anticipations des entreprises en matière de prix de vente et celles des consommateurs en matière d’inflation sont à des plus bas records, l’étude de la Commission européenne vient confirmer les éléments déjà solides prouvant que les pressions inflationnistes diminuent rapidement», souligne Howard Archer, économiste à IHS Global Insight.
«L’enquête renforce donc pour la BCE les arguments déjà convaincants en faveur d’une nouvelle baisse des taux jeudi et nous nous attendons à ce que la banque décide d’une nouvelle réduction de 50 points de base de 1,5% à 1,0%», ajoute-t-il.

Jan Strupczewski (Reuters)

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