Le pétrole cher fait de nouveau flamber les prix des billets d’avion

Air France s’apprête à relever de 7 euros la surcharge carburant sur ses vols long-courriers. A partir du 28 avril, cette surcharge tarifaire va passer à 51 euros contre 44 euros auparavant sur chaque trajet long-courrier.

Au total, le passager d’un aller-retour Paris/New-York devra désormais s’acquitter  d’un supplément de 102 euros.

C’est la sixième fois qu’Air France augmente le prix de cette surcharge  depuis son instauration, en mai 2004.

La compagnie néerlandaise KLM, rachetée par Air France en 2004, avait  ouvert le bal mi-avril en relevant de 40 à 45 euros sa surcharge sur long-courrier.

Une initiative à laquelle se sont successivement ralliées, courant avril, plusieurs compagnies européennes: la britannique British Airways, l’allemande  Lufthansa et sa filiale Swiss, TAP Portugal ou encore l’espagnole Iberia.

En Asie, Singapore Airlines a également suivi le mouvement en annonçant mercredi une hausse de 10 dollars sur certaines destinations.

Raison invoquée par les transporteurs: la nouvelle flambée des prix du pétrole ces dernières semaines, provoquée notamment par les inquiétudes  géopolitiques au sujet du nucléaire iranien.

A New York, le baril de brut se négociait à 72,15 dollars mercredi vers 14H40 GMT, après avoir atteint des records historiques vendredi, au-delà des 75 dollars.

Un renchérissement malvenu pour les compagnies aériennes, qui ont déjà dû payer l’an dernier une facture pétrolière de 92 milliards de dollars, en hausse de 50% par rapport à 2004.

Le kérosène est désormais devenu le premier poste de dépense pour certains acteurs de l’industrie, qui a essuyé une perte totale de 6 milliards de dollars en 2005 malgré la forte reprise du trafic aérien, selon les chiffres de  l’Association internationale du transport aérien (IATA).

D’après l’IATA, le secteur devrait réduire ses pertes à 2,2 milliards de dollars cette année avant de renouer avec les bénéfices en 2007, grâce à de colossaux efforts sur le front des coûts. Mais le pétrole cher continue de faire des dégâts.

La compagnie aérienne américaine à bas prix JetBlue Airways a annoncé mardi qu’elle comptait reporter la livraison de 12 A320 et souhaitait revendre  jusqu’à cinq autres appareils de ce type, après avoir plongé dans le rouge au premier trimestre.

D’autres compagnies réussissent pour l’instant à limiter la casse en ayant recours à des "couvertures pétrole", un système qui permet d’acheter à l’avance et non au jour le jour, et d’amortir ainsi partiellement les variations de prix.

Air France-KLM, dont la facture carburant devrait atteindre quelque 3,5 milliards d’euros sur l’exercice 2005-2006, est couvert à hauteur de 84% de ses besoins en carburant pour cette période, à un prix équivalant à 39 dollars le baril. Mais le groupe s’attend à des lendemains plus difficiles, son taux de couverture diminuant ensuite à 62% en 2006-2007, puis à 34% en 2007-2008.

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