Le plaidoyer de Boutaleb

Lors d’un séminaire sur « L’utilisation du GPL comme source d’énergie en milieu rural : un défi majeur », organisé, lundi 24 mai à Marrakech, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Boutaleb, a renseigné sur la prise de conscience nationale au sujet de l’énergétisation du monde rural et des possibilités offertes à cet effet par certaines sources d’énergie propres.
Initié conjointement par le ministère de l’Energie et des Mines, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l’Association mondiale des GPL, ce forum de trois jours se veut un espace de concertation et de réflexion pour l’identification de projets concrets à même de développer le secteur du GPL dans les communautés rurales.
Le secteur du gaz de pétrole liquéfié (GPL), estime le ministre, connaît une évolution rapide au Maroc, compte tenu de la croissance démographique, de l’accroissement du niveau de vie et de l’accès soutenu du butane en milieu rural.
Suite à cette prise de conscience, qui s’est développée durant la dernière décennie, Mohamed Boutaleb a, dans ce cadre, rappelé la mise en place d’une stratégie visant à assurer un développement durable du secteur énergétique tout en intégrant les impératifs de sauvegarde de l’environnement à travers notamment la promotion de technologies énergétiques propres, telles celles liées au développement de l’utilisation des GPL, l’introduction du gaz naturel et à la promotion des énergies renouvelables.
L’électrification rurale occupe également une place de choix dans le cadre de cette stratégie à travers le lancement et l’accélération du Programme d’électrification rurale global (PERG) dont l’objectif consiste à généraliser l’accès à l’électricité à l’horizon 2007, a-t-il ajouté.
Dans la perspective de conforter l’effort d’énergétisation rurale, d’autres initiatives ont été développées pour l’introduction de technologies améliorées et d’énergies de substitution visant l’utilisation rationnelle du bois de feu et l’encouragement des micro-entreprises énergétiques (Maisons d’Energie).
Il a, par ailleurs, indiqué que la consommation de butane s’élève à 1,22 million de tonnes par an, soit près de 18 % de la consommation nationale en produits pétroliers (6,7 millions de tonnes) et seulement 6 % en 1980, faisant savoir que la distribution des GPL est assurée actuellement par une vingtaine de sociétés et plus de 500 dépositaires grossistes et qu’une trentaine de centres emplisseurs sont opérationnels avec une capacité de 1,4 million de tonnes par an.
Considéré comme un produit à caractère social, le butane bénéficie d’une réglementation particulière. Son prix de vente est administré par l’Etat qui détermine les prix d’achat des produits auprès des raffineries, soit les prix de reprise, et assure une marge fixe à tous les intervenants du secteur, notamment les centres emplisseurs, les sociétés distributrices, les dépositaires et les détaillants. En revanche, le propane a été libéralisé à partir de 1995.
En 2002, la consommation nationale de butane s’est fixée à 1,1 million de tonnes comparativement à 543 KT en 1990, soit un taux d’accroissement annuel moyen de l’ordre de 5,4%.
Pour sa part, le propane voit sa consommation progresser de façon moins soutenue sur la période 1990-2002, évoluant en dents de scie, avec un pic de 116 tonnes métriques en 2002 et un creux de 50 tonnes métriques en 1999.
Le butane représente donc 90 % de la consommation marocaine de GPL du fait qu’il continue à bénéficier d’un niveau élevé de subventions étatiques, soit en moyenne 1 milliard de DH par an « Au niveau de la distribution, le marché marocain du butane est contrôlé à hauteur de 60 % par trois opérateurs : Tissir Primagaz suivi de Shell et d’Afriquia Gaz», estime la BMCE Capital .
Sur le marché marocain de propane, cinq opérateurs polarisent en 2002 plus de 95 % des ventes. Les sociétés les plus actives sont Afriquia Gaz, Vitigaz, Shell, Tissir Primagaz et Salam Gaz. « Cette situation ne devrait pas connaître de changements majeurs à moyen terme, du moins pour le segment butane », est-il précisé. Depuis 1995, seul le butane, considéré comme étant un produit de première nécessité, est resté assujetti à cette réglementation. Les prix des charges conditionnées continuent donc à être régis par le ministère de l’Energie et des Mines, conformément à l’arrêté n° 2671-95 du 7 novembre 1995.

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